Maria Cristina Panzera

p. 23-41

Malgré le renouveau considérable que les recherches sur l’écriture épistolaire ont connu dans les trente dernières années, une place encore plutôt marginale est occupée par l’étude de l’enseignement de l’art de la lettre aux xve et xvie siècles, au début de l’essor humaniste de la rhétorique épistolaire1. Si l’attention grandissante pour les livres de lettres et pour leur fortune éditoriale, liée en particulier à l’imprimerie vénitienne, a permis d’importantes avancées vers la définition de l’écriture épistolaire en tant que genre littéraire spécifique, avec ses différentes typologies (lettres morales, amoureuses, burlesques, etc.), ses stratégies communicatives et son public, une zone d’ombre entoure encore, en revanche, les voies d’élaboration et de diffusion des normes épistolaires à travers ses multiples instruments : formulaires de chancellerie à caractère pratique, compilations de grammaire, brefs traités de rhétorique pour apprendre à bien écrire et bien parler dont on souhaiterait l’inventaire complet dans des répertoires spécifiques et la lecture, du moins pour les ouvrages les plus importants, en édition moderne2. Que sait-on, par exemple, de la production humaniste en langue latine et de son influence sur les traités en langue vernaculaire ? 

Notes 

1L’ouvrage de référence reste le volume publié par A. Quondam, Le « carte messaggere ». Retorica e modelli di comunicazione epistolare : per un indice dei libri di lettere del Cinquecento, Rome, 1981, à compléter pour les développements plus récents par R. Rinaldi, « L’epistolario moltiplicato », in G. Barberi Squarotti (dir.), Storia della civiltà letteraria italiana, vol. II, Umanesimo e Rinascimento, Turin, 1993, p. 1738-1875 ; A. Chemello (dir.), Alla lettera. Teorie epratiche epistolari dai Greci al Novecento, Milan, 1998 ; N. Longo, Letteratura e lettere. Indagine nell’epistolografia cinquecentesca, Rome, 1999 ; M. L. Doglio, L’arte delle lettere. Idea e pratica delia scrittura epistolare tra Quattro e Seicento, Bologne, 2000 ; R. Morabito, Lettere e letteratura, Turin, 2001 ; A. Petrucci, Scrittura ed epistolografia, Rome, 2004.

2Certains de ces ouvrages sont répertoriés en raison de leur présence dans le marché de l’imprimerie après 1538 par J. Basso, Le genre épistolaire en langue italienne (1538-1622). Répertoire chronologique et analytique, Rome-Nancy, 2 vol., 1990.

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Voir plus : https://books.openedition.org/pur/137493?lang=fr#anchor-footnotes

 

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