A
  Année 2016  pp. 345-357
Fait partie d'un numéro thématique : Écrire le mariage au XIXe siècle

 

Commencé en 1877, abandonné puis repris en 1881 et publié la même année, Une vie est le roman de la « négation du bonheur 1 » et du désastre conjugal. Le rêve d’amour qui habite l’héroïne en est d’autant plus amèrement déconstruit qu’il est comparé à des modèles valorisants, antiques ou classiques, discrètement présents dès les premières pages : Pyrame et thysbé 2 et, de façon plus diffuse, les contes de fées qui nourrissent vaguement l’imaginaire de Jeanne. Elle-même, « dotée de tous les traits sémantiques constitutifs d’un personnage de conte de fées 3 » sera, par le mariage, victime de leur retournement tragique. Comme l’explique naomi schor, « c’est bien en violant la scénarisation ne varietur du conte de fées – “ il était une fois” “ ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants” – que Maupassant écrit ce conte de fées dénaturé qu’est Une vie 4. » 

Voir plus : https://www.persee.fr/doc/ddsa_2112-8391_2016_act_1_1_902

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1. Pierre Cogny, préface à guy de MauPassant, Une vie, Paris, garnier-Flammarion, 1974, p. 18.

2. Leur «drame » est représenté sur la tenture du ciel de lit, dans la chambre de Jeanne. Pierre Cogny, préface, op. cit., p. 38. 3. naomi sChor, «“ une vie”/ Des vides, ou le nom de la Mère » , Littérature, 1977, vol. 26, p. 54.

4. Ibid.

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