Par Belkacem Ahcene-Djaballah.

Au départ (première et seconde éditions), il n'y avait que 69 lettres. L'auteur ayant pu récupérer d'autres missives destinées à des proches ou à des amis entre-temps disparus et grâce à la bienveillance de leurs héritiers, le nombre total des lettres est monté à 87. Donc 18 lettres inédites... et un ouvrage comportant un index de notices biographiques consacrées à l'ensemble des destinataires, étrangers et algériens. Ce qui, d'une part, permet de mieux saisir le contexte et, d'autre part, se souvenir de personnes, aujourd'hui quelque peu oubliées même par les «anciens», qui ont, connus ou anonymes, peu ou prou, de près ou de loin, participé ou soutenu (ou «douté» du bien-fondé de la cause) la guerre d'indépendance et ses militants, emprisonnés entre autres. Pour les étrangers, on a, ainsi, René Vauthier (cinéaste), Claude Roy (romancier et critique littéraire), Haidar Bammate (homme politique et écrivain... originaire du Caucase), Robert Barrat (journaliste), Denise Barrat (journaliste), Albert Camus (écrivain... une très longue «lettre ouverte»), des «amis français» dont le nom est tu, René Habachi (philosophe égypto-libanais), Jacques Berque (enseignant universitaire et chercheur), Jeanne Hersch (philosophe suisse), Maxime Rodinson (linguiste, sociologue et anthropologue), le Pasteur Etienne Mathiot, le Pasteur Jacques Beaumont, Pierre Stibbe (avocat), Mahjoub Ben Milad (éducateur et homme de culture tunisien) et à bien d'autres soutiens... Pour les Algériens, on a, Mohamed Ouali Abbas-Turqui, Messaoud Ait-Châalal, Abdelkader Mahdad et, bien sûr, à des «amis militant(e)s algérien (ne)s» et à son frère aîné, Mohame Taleb-Ibrahimi. 

Citations 

 

 «Il y a la cour, le soleil, le ciel bleu... mais le printemps entre quatre murs (Prison de Fresnes) n'est pas le printemps» (p. 15), «La différence entre le mort et le prisonnier, c'est le réconfort qu'éprouve ce dernier en pensant qu'il y a des gens qui pensent à lui» (p. 21), «On ne peut guérir les maux d'un peuple avec des mots et on ne peut résoudre les problèmes d'une nation avec des slogans» (p. 57), «Les révolutions, n'étant pas à l'abri de la déshumanisation, sont parfois génératrices de monstres ou de robots. Il faut donc lutter sans cesse contre l'endurcissement de soi-même» (p. 154) 

 

 

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Editions Dar El Oumma, Alger 2010 (Edition augmentée. Première édition en 1966 et deuxième en 2001 ), 300 dinars, 176 pages. 

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