Leçons d'une gouvernante à ses élèves, ou Fragmens d'un journal fait pour l'éducation des enfants de Monsieur d'Orléans. Par Madame de Sillery–Brulart, gouvernante de Mlle d’Orléans.
10 avr. 2025
/image%2F7030078%2F20250410%2Fob_12dc56_lec-ons.jpg)
QUAND j’ai commencé le premier volume de cet ouvrage, je venais de donner à Madame d'Orléans la démission qu'elle m'avait demandée. Je comptais me retirer, ne revenir à Paris que pour terminer quelques affaires, & ensuite voyager pendant deux ou trois ans (uniquement pour mon instruction), et renoncer au monde pour jamais.
Décidée à ne plus reparaître dans la Société & surtout à Paris, je voulais seulement donner l'extrait de mon Journal d'Éducation , mais sans me plaindre, sans accuser personne; en conséquence j'ai supprimé dans ce Journal toute l'histoire de la retraite de M. l'Abbé Guyot, qui s'y trouve très détaillée, & j'en ai fait de même pour toutes les choses de ce genre. En partant pour l'Auvergne, je donnais à l'impression les premiers cahiers de la copie de ce Journal*, je laissais l'original entre les mains d'une Personne qui fit copier le reste en mon absence , d'après
les marques que j'avois tracées en marge sur l'original, c'est - à - dire, les lignes
tirées pour indiquer les passages qu'il fallait extraire. Quoique brouillée sans retour avec M. le Brun depuis le refus qu'il a fait de me justifier, ainsi que M. de Chartres, d'une calomnie dont il pouvait nous disculper, en rendant témoignage à la vérité *, je lui écrivis la veille de mon départ, le 25 avril dernier, pour lui annoncer que, quittant pour jamais l'Éducation, je faisais im-
primer mon Journal, mais par extraits, & qu'on n'y verrait rien qui pût compromettre les Personnes qui avaient été sous mes ordres, & même qui que ce fût.■
*Heureusement que j'avais la preuve de ce fait, écrite de sa main. On trouvera le détail de ce procédé à la fin de l'extrait du Journal qu' on va lire.
Lire la suite : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97699373/f7.item.texteImage.zoom