Le mariage dans les mémoires aristocratiques féminins. Les négociations chez les notaires sont de véritables marchandages, « en mariage, comme en chevaux » , se moque la comtesse d’Agoult
26 avr. 2025Par Des deux sexes et autres Année 2016 2016 pp. 149-162
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Les mémoires aristocratiques féminins du premier XiXe siècle forment un corpus d’une quinzaine de textes qui, malgré leur grande diversité narrative, comprennent tous certains récits-types, dont le plus récurrent, après le récit d’enfance, est celui du mariage. Leurs auteurs sont des femmes issues des milieux nobiliaires les plus touchés par les bouleversements révolutionnaires et par les épreuves de l’émigration. Ce sont des femmes « en déséquilibre social et affectif 1 » , habitées par le sentiment de vivre un désastre historique sans précédent et par la conscience de leur précarité. Elles ont pris la plume pour exprimer leur désarroi mais aussi pour le surmonter, pour inscrire leur histoire dans l’histoire, pour revendiquer un certain engagement dans le monde. Le récit matrimonial, qui occupe une place majeure dans l’économie des mémoires, sera l’espace narratif de cette revalorisation de soi. Une lecture transversale des mémoires nous permet de saisir, par recoupements et par rapprochements, les techniques d’encodage et de reconstruction de la pratique matrimoniale par l’écriture autobiographique. il s’agit de trois générations d’auteurs : celle des mémorialistes qui étaient enfants à la cour de Louis XVi 2, puis celle des femmes nées à l’époque de la Révolution 3, jusqu’à la génération de la comtesse républicaine Marie d’Agoult, qui vit le jour en 1805 4.
Voir plus : https://www.persee.fr/doc/ddsa_2112-8391_2016_act_1_1_886
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1. henri RoSSi, Mémoires aristocratiques féminins : 1789-1848, Paris, honoré Champion, 1998, p. 72.
2. Dans ce groupe se trouvent la marquise de La tour du Pin (1770-1853), Mme de Chastenay (1771-1855), Mme de Rémusat (1780-1821), la comtesse de Boigne (1881-1866) et la reine hortense (1783-1837).
3. En particulier la duchesse de Maillé (1787-1851), la comtesse Merlin (1789-1852) et la duchesse de Dino (1793-1862).
4. on compte, dans cette «jeune » génération, les contemporaines de Marie d’Agoult (1805-1876), la comtesse Dash (1805-1872) et George Sand.