Ce qui suit n’a pas pour objet de revenir une fois encore sur un problème de définition, en partie insoluble1. Il ne s’agit pas non plus d’aborder la question des relations entre les Français et la Résistance : elle impliquerait d’élargir l’analyse aux reconstructions successives de la mémoire, facteur indispensable d’élucidation. Le propos est beaucoup plus restreint. Il porte sur les mots avec lesquels les contemporains de l’événement ont nommé, en leur temps, ce que nous appelons la Résistance et ceux que nous désignons comme des résistants. Il s’inscrit dans le cadre strict de la période du conflit, de l’expérience et des temporalités du vécu. Il ne s’attache qu’à la façon dont a pu être appréhendée ou non, dans le temps de son existence et dans sa généralité – actions et acteurs – l’expression multiforme du refus progressivement organisée en mouvement de lutte clandestin.

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1Pour un état de la question, voir les diverses contributions proposées dans François Marcot (dir.), Dictionnaire historique de la Résistance, Robert Laffont, 2006, et « La notion de Résistance à l’épreuve des faits : nécessité et limites d’une approche conceptuelle », in Corentin Sellin (dir.), Résistances, insurrections, guérillas, Presses universitaires de Rennes, 2010.

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