Daniel Paul Schreber, un écrivain
04 avr. 2025/image%2F7030078%2F20250404%2Fob_ddf27b_2020022050439782749266886.jpg)
- Par Patricia Le Coat Kreissig pour le Journal français de psychiatrie. Pages 98 à 108. 2019-2.
Daniel Paul Schreber, né le 25 juillet 1842 à Leipzig, juriste et écrivain (écrivain se dit « Schreiber » en allemand), a passé sept ans de sa vie dans des soins psychiatriques fermés. Ses écritures témoignent avec une extrême finesse du vécu de sa pathologie psychiatrique et aussi de l’histoire de la psychiatrie. Dans son autobiographie d’un fou subissant « ein Wahnsystem », un système délirant selon ses propres dires, les « Denkwürdigkeiten eines Nervenkranken » (les « mémorables pensées d’un malade des nerfs »), il témoigne de deux épisodes de sa vie qu’il nomme « dépressifs et paralysants ». Malgré la coloration des nombreuses hallucinations qui l’animent, il accède à une description méticuleuse des pensées qui alimentent son délire et de leurs développements dans une tentative incessante de faire comprendre la signification de certains moments particuliers couvrant cette période, qui s’étale de 1884 jusqu’à 1903, et ainsi deux de ses trois internements.
En 1906, trois années après la parution du travail de Schreber, Carl Gustav Jung le lit et rédige un article, Über die Psychologie der Dementia praecox. Ce n’est pourtant qu’en 1910 que Freud s’y intéressera avec son article Psychoanalytische Bemerkungen über einen autobiographisch beschriebenen Fall von Paranoïa (Dementia Paranoïdes), qui ne sera publié qu’en 1911 alors que Schreber décède le 1er juin 1911 dans la clinique de Leipniz-Dösen, lors de sa dernière hospitalisation. Bien qu’il n’ait pas cessé de tenter de se suicider, ou d’échapper aux forces qui le poussaient au suicide, il meurt des suites d’une pneumonie.
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