Adresse épistolaire et écrits intimes : manipulations intergénériques autour des Lettres d’un Voyageur
07 avr. 2025Lettres fictives, vraies lettres publiées, lettres publiques1, lettres ouvertes ? Les Lettres d’un voyageur, en mêlant ces dispositifs, se dérobent aux appellations exclusives. Parler d’épître aidera du moins, selon la tradition purement profane venue d’Horace et relayée par Boileau, à clairement distinguer de lettres ordinaires (correspondance) celles que George Sand destine d’emblée à la publication ou qu’elle retravaille dans cette optique : le recueil illustre ces deux cas. Nous traiterons en priorité des numéros IV, V et IX, dont la texture intègre des fragments de lettres envoyées à Jules Néraud et à François Rollinat2. La perte de tous les avant-textes (manuscrits, épreuves) interdit de mener une étude génétique fondée sur la comparaison entre les missives initiales et les versions retravaillées. Le dosage de l’authentique et du fictionnel nous échappe donc nécessairement, et n’aurait d’ailleurs pas d’incidence sur le propos qui va suivre. Celui-ci consiste à examiner un dispositif d’énonciation singulier, qui s’apparente à l’épistolaire sans pour autant s’y enfermer.
1Publiques au lieu de publiées pour celles (IV, V, VI, IX) qui ne sont pas simplement des lettres confidentielles mises à la disposition des tiers : Sand a réorganisé le matériau originel.
2À la différence des trois premières lettres, que Sand destine d’emblée à la Revue des Deux Mondes bien qu’elle les fasse transiter par Musset, les numéros IV, V, VI émanent d’envois privés que l’auteur réaffecte après coup à une publication littéraire.
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Lire la suite (Françoise Genevray dans George Sand, Pratiques et imaginaires de l'écriture p. 59-69.) : https://books.openedition.org/puc/9793?lang=fr
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