Travailler sur les graffitis de prison, est-ce vraiment sérieux ?
21 mars 2025Par Philippe Hameau, archéologue.
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Tout comme les détenus ne constituent pas un groupe homogène, leurs graffitis ne puisent pas dans un ensemble d’expressions types. Examinés en contexte, ces marquages muraux sont des instantanés de vie en lien avec le présent. Ils sont de l’oralité fixée sur les murs et ont ainsi vocation à disparaître. Il faut être chercheur pour leur donner une consistance.
Considérer les maisons d’arrêt et ce qui s’y déroule par l’étude de leurs graffitis permet-il vraiment de comprendre le milieu carcéral ? Certainement pas si l’on y recherche des figurations esthétiques ou des expressions écrites singulières : des œuvres ou des bons mots pourrait-on dire. Or, ce ne sont là que quelques spécimens de graffitis, exceptionnels, dont le choix magnifie surtout leurs auteurs. Sont-ils représentatifs ? Rien n’est moins sûr.
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