Il manque des « e » à l’histoire de l’art. Il manque du féminin dans les récits, des femmes parmi les hommes. Et les cartels des cimaises, peuplées de prénom hier oubliés – Germaine, Georgia, Olga –, ne suffisent pas : il reste encore à écrire, sans la réécrire, une histoire des institutions. Explorant sa propre genèse, le Museum of Modern Art de New York consacre ainsi une exposition à Lillie P. Bliss (1864-1931) et offre de revenir sur la vie d’une femme qui, quoiqu’opulente – et il faut relire Edith Wharton – ne fut pas si aisée, tant il lui fallut lutter pour imposer un œil et une voix, pour sortir un peu de l’obscurité. Quitte à y retourner. À s’invisibiliser. Du reste, peut-être n’est-ce pas un hasard si Lillie P. Bliss demanda que son frère exécutât sa dernière volonté en brûlant ses papiers personnels, lettres amoureuses, esquisses romanesques et journaux intimes, de sorte que les reliques de sa vie sont aujourd’hui réduites en cendres.
Qui était Lillie P. Bliss, cofondatrice du MoMA et passionnée d’art moderne ? Son frère exécuta sa dernière volonté en brûlant ses papiers personnels, lettres amoureuses, esquisses romanesques et journaux intimes
13 mars 2025Lillie P. Bliss eut de l’argent, des idées et du goût. En tous points majeure, sa collection, riche d’œuvres de Picasso, Cezanne et Matisse, fut léguée au MoMA, dont elle est l’une des fondatrices. Une histoire de femme(s), retracée par le musée new-yorkais jusqu’au 12 mars.
/image%2F7030078%2F20250313%2Fob_b5172b_bliss.jpg)