Par Maxime Decout

Traces de vie à Auschwitz, édition commentée du manuscrit clandestin écrit en janvier 1945 par Abraham Levite dans l’enceinte du camp d’Auschwitz, invite à réfléchir sur la mobilisation de ce texte dans le cadre d’un enseignement portant sur la Shoah, et sur la collecte des traces et des témoignages par les Juifs. Arracher un texte à la mort en cours fut en effet l’objectif de nombreuses victimes qui avaient perçu que les nazis voulaient les éliminer en gommant les preuves de leurs crimes.

Comment arracher un texte à la mort en cours ? Tel est le défi qui anima Abraham Levite en janvier 1945, au moment où il rédigea clandestinement, dans l’enceinte du camp d’Auschwitz, le manuscrit en yiddish publié aujourd’hui dans Traces de vie à Auschwitz. Ce texte devait servir d’introduction à une anthologie collective intitulée Recueil Auschwitz dont le but était de compiler des manuscrits écrits par des déportés juifs dans le camp. Si ce recueil ne vit jamais le jour, c’est parce que le camp fut libéré peu après par l’Armée rouge. Les textes auraient dû ensuite être enterrés dans des bouteilles scellées dans l’espoir qu’ils puissent être retrouvés après la guerre.

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Traces de vie à Auschwitzzz, sous la direction de Philippe Mesnard, Éditions Le Bord de l’eau, mai 2022, 168 pages.

Maime Decout

Enseignant-chercheur en littérature, Maxime Decout est professeur à l’université de la Sorbonne et membre junior de l’IUF

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