Par Cécile Dauphin dans Sociétés & représentations 2002/1 n°13.  Pages 43 à 50.

 

Les correspondances forment un massif documentaire polymorphe, ouvert à des usages multiples, biographiques, littéraires, anthropologiques ou historiques. Dans le cadre de cet article, l’exercice ne consistera pas à en faire le tour, ni à en dresser la carte. Je me limiterai à la question posée par les organisateurs de la Journée d’études du 19 mai 2000 : « en quel sens peut-on dire que les correspondances résistent à l’historien ? » Résistent-elles plus ou moins que l’archive en général et que les autres types d’archives personnelles ? Dans son texte classique « L’opération historique » [1], Michel de Certeau suggère à l’historien de travailler sur la limite, là où sont repérables les écarts, les emprunts, les déplacements, les formes de métissages. Cette posture heuristique du métier d’historien peut trouver une application particulière dans le cas des correspondances et servir de fil conducteur pour questionner les rapports complexes qu’entretiennent les historiens avec elles.

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[1] Michel de Certeau, « L’opération historique », in Jacques Le Goff, Pierre Nora (dir.), Faire de l’histoire, t. 1., Nouveaux problèmes, Paris, Gallimard, 1974,

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