Les Confessions d’Augustin. Un ouvrage atypique, mais un classique
04 mars 2025Par Marie-Anne VANNIER, professeur à l’université Paul Verlaine de Metz et membre de l’Institut d’études augustiniennes
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Augustin lisant les Épîtres de saint Paul, fresque de Benozzo Gozzoli, 1464-1465, San Gimignano, église Sant’ Agostino. Tolle et lege ! (« Prends et lis ! ») : ces mots, qu’il aurait entendus alors qu’il était dans le jardin de la villa milanaise et qui le conduisirent à lire saint Paul, décidèrent de la conversion de saint Augustin, ainsi qu’il le raconte dans ses Confessions (VIII, 12, 29). © Foto Scala, Florence / avec l’aimable autorisation du ministère pour les biens et les activités culturels.
Best-seller de la littérature mondiale, Les Confessions d’Augustin ont eu une influence durable à travers les âges sur les auteurs les plus divers, depuis Paulin de Nole jusqu’à Martin Heidegger, en passant par sainte Thérèse d’Avila, Montaigne, Pascal, Rousseau, Proust… Certains épisodes, comme le « Tolle, lege » du jardin de Milan ou la vision d’Ostie, ont même inspiré les peintres. Déjà du vivant d’Augustin, Les Confessions avaient connu un succès immédiat qui faisait dire à l’auteur lui-même : « Parmi mes ouvrages, en est-il un qui ait été plus répandu et plus goûté que mes Confessions ? » (Sur le don de la persévérance, 20, 53). D’où vient donc l’intérêt suscité par ce livre ?
Un ouvrage atypique, mais un classique
Augustin était un virtuose de la langue latine, il avait un remarquable talent d’orateur et il l’a mis en œuvre dans Les Confessions. La beauté formelle du style de l’ouvrage ne peut laisser indifférent et traverse les siècles. Mais il y a plus : le livre est d’un genre particulier et implique une interprétation infinie, qui en fait un classique. Ce n’est pas tant une autobiographie qu’un dialogue où l’on assiste progressivement à l’avènement du sujet Augustin. Sur ce plan, le titre retenu par Augustin – Les Confessions et pas seulement Les Aveux – induit au secret.
Ce n’est pas une révélation extraordinaire qu’il propose dans ce volume, mais bien plutôt la reconnaissance de ses propres limites et de la puissance de Dieu manifestée dans sa vie (Conf., X). Augustin répète souvent que « double est la confession, celle du péché et celle de la louange » (Commentaires sur les Psaumes, 29,19 ; 94, 4 ; 105, 2…). En bon rhéteur, il a su déployer toutes les ressources sémantiques du terme « confessions ».
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