Article de revue Par Anne-Valérie Mazoyer et Marjorie Roques. Pages 33 à 39. 

 

 

 

 

 

 

 

La passion entre Miller et Nin, éphémère et intense, chevillée au corps, a été le ferment de leurs créations respectives pendant près d’un an. La relation est d’emblée privée d’un engagement durable, signant le masochisme moral de ses protagonistes : tous deux sont en couple et la séparation d’avec leur conjoint respectif n’est pas envisageable. Nin se marie très jeune, mais à près de 30 ans, elle ne trouve plus dans cette union trop étouffante la satisfaction et l’occasion de construire son identité de femme. « Elle a besoin de vivre, de vivre autre chose en plus et à côté » (Chouvier, 2007, p. 92). Malgré la morosité et le sentiment oppressant, mélancolique d’être prisonnière d’un délitement conjugal, Anaïs recherche dans sa relation maritale la protection et la sécurité que lui offre son terne mari, Hugo, venant pallier un sentiment d’insécurité interne. Miller, quant à lui, quitte son épouse et son pays, il se sent étriqué dans ce que lui refuse la société américaine puritaine : la répression excessive de l’érotisme et de sa liberté a pour effet de se transformer par la suite en véritable obsession. 

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