Laure Hennequin-Lecomte, Le Patriarcat strasbourgeois (1789-1830). Destins croisés et voix intimes
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La publication soignée d’une thèse de doctorat menée à son terme demeure pour les recherches d’un auteur le moyen le plus sûr d’échapper à la confidentialité d’une soutenance comme à la clandestinité des éditions électroniques. Il faut donc saluer les Presses universitaires de Strasbourg qui mettent à la disposition du lecteur une version allégée et remaniée de la thèse de Laure Hennequin-Lecomte soutenue en 2007 (dir. Michel Hau) et récompensée la même année par le prix Martin Bucer. Initialement intitulé Les réseaux d’influence du patriciat strasbourgeois de 1789 à 1830, ce travail s’attelle à l’étude d’une fraction de l’élite dirigeante alsacienne – le patriciat de Colmar en constitue l’autre partie – au tournant de la période contemporaine. L’élite politique strasbourgeoise, qualifiée « d’oligarchie » (p. 7) ou d’élite dirigeante, se compose du Magistrat de la Ville, c’est-à-dire de l’ensemble des membres qui ont occupé une place dans les institutions de la capitale alsacienne.
Ce sont toutefois les familles de Dietrich et de Turckheim, unies par les affaires, le pouvoir et le sang, qui sont placées au cœur de l’analyse, la recherche s’inscrivant dans les pas des travaux de Guy Richard et de Michel Hau. Profitant d’une aubaine archivistique (la mise à la disposition des chercheurs du fonds Turckheim, archives privées de la famille qui sont le complément de celles des Dietrich), l’auteur propose une relecture de l’histoire révolutionnaire de l’Alsace à partir d’un ensemble de correspondances privées et de journaux intimes provenant des deux familles.
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