Par Martine Sonnet.

https://doi.org/10.4000/genrehistoire.1382

Le corpus de journaux intimes de jeunes filles du XIXe siècle constitué par Philippe Lejeune (Le moi des demoiselles : enquête sur le journal de jeune fille, 1993) se prête à une lecture  mettant en évidence la rupture provoquée par le voyage dans le terne ordinaire des jours de jeunes bourgeoises ou de jeunes aristocrates. Une trentaine de journaux évoquant des voyages dévoilent l’ambivalence des émotions que suscitent des déplacements, toujours accomplis sous bonne escorte, remplissant le plus souvent des fonctions combinées : touristiques, familiales, thérapeutiques, éducatives etc.. Joie et anxiété des préparatifs et du départ, craintes et désirs de rencontres dans la promiscuité des chemins de fer, excitation au passage des frontières et soulagement de rentrer chez soi saine et sauve : autant de sentiments confiés à leurs journaux par les jeunes diaristes voyageuses.

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