Par Bernard Chambaz, écrivain. Publié le 14 mars 2025 sur AOC.

Le 11 février dernier, une opération de grande ampleur permet d’arrêter plus de 180 membres de la mafia sicilienne. Quatre jours plus tôt, le nouveau roman de Roberto Saviano est publié en France : Giovanni Falcone raconte justement le destin individuel d’un juge, qui avait entrepris de s’attaquer publiquement à la Cosa nostra, dès les années 1980. L’auteur y devient alors le passeur d’un relais, celui de la mémoire de la lutte contre le crime organisé sicilien.

Je n’avais jamais lu ni vu Gomorra, ce roman sur la Camorra, qui devint un best-seller, puis un film. La plupart de mes amis italiens non plus. Je savais que, depuis sa parution, Roberto Saviano vivait sous protection policière. La plupart de mes amis italiens, aussi. Malgré l’exemple de Salman Rushdie, ni eux ni moi n’avions sans doute bien mesuré ce que signifie cette vie de reclus, sous la menace permanente d’une exécution. Quand j’ai vu apparaître Giovanni Falcone (titre français de Solo è il coraggio), j’ai voulu voir à quoi son roman ressemblait, parce qu’il avait pour cadre la Sicile, et parce que la Sicile, depuis au moins Garibaldi, renvoie à l’Italie toute entière.

Et j’ai vu.

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Roberto Saviano, Giovanni Falcone, éditions Gallimard, traduit de l’italien par Laura Brignon, 608 pages, 25 euros.

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