Le fameux journal d’Anaïs Nin comprend sept tomes au total soit plus de quinze mille pages !
Débutés à l’âge de douze ans suite au départ de son père qui abandonna sa famille, ils ne seront publiés qu’en 1966. La période d’entre deux guerres compte parmi la plus intéressante car la plus bouillonnante d’un point de vue culturel et relationnel. Elle y raconte notamment ses amours avec des figures mythiques de la littérature allant d’Henry Miller à Antonin Artaud (ou encore sa correspondance avec D-H Lawrence sur qui elle a rédigé un essai) et de de la psychanalyse (René Allendy, Otto Rank…), dans le Paris montparnassien et le Clichy des années 3O ou encore dans sa belle demeure bourgeoise de Louveciennes. C’est aussi le journal d’une trentenaire : l’écrivain fête ses 30 ans le 21 février 1933 qu’elle évoque d’ailleurs.

« Ma drogue : recouvrir toutes choses d’un voile de fumée, déformer, transformer, comme le fait la nuit. Toute la matière doit ainsi être fondue pour passer à travers la lentille de mon vice, sinon la rouille de la vie réduira peu à peu mon souffle à un sanglot.« 

Anaïs Nin précurseur de l’auto-édition !
Lors du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, Anaïs Nin quitte Paris et retourne s’établir à New York. Les romans et les nouvelles qu’elle tente de publier sont refusés par les éditeurs. En janvier 1942, l’écrivaine installe une petite presse dans un grenier et imprime elle-même ses livres. Écrivaine marginale et avant-gardiste, Anaïs Nin est lue par des cercles d’intellectuels et d’universitaires. Au début des années 1960, les écrivains de la « génération beat » la découvrent. Après la parution du premier tome de son Journal, en 1966, elle connaît enfin la gloire. Toutefois, en 1970, un verdict tombe : elle est atteinte d’un cancer. Elle meurt en 1977 à Los Angeles.

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