Par . Traductrice : .

Article paru dans les   Année 2001  56-4-5  pp. 803-829.
Fait partie d'un numéro thématique : Pratiques d'écriture.

 

Au début du XVIe siècle, les autorités municipales d'Alcala de Henares, de Tolède et Torrelaguna décidèrent de faire graver des épigraphes afin de perpétuer le souvenir des dépôts de blé institués sur ordre de Cisneros pour subvenir aux besoins de chaque ville pendant les années de plus forte disette. En ce qui concerne Alcalá, le texte de l'une de ces inscriptions, rédigée à cette intention et disposée à l'extérieur de l'église collégiale Saints- Justo-et-Pastor, énonce clairement combien l'aspect matériel de l'objet épigraphique était lié à sa finalité en tant que lieu de mémoire et document lapidaire. En gravant dans la pierre que l'inscription était établie « parce que, s'il n'en avait été ainsi, quiconque aurait pu faire une réclamation », son commanditaire, le conseil de la ville, mû par des intérêts seigneuriaux, démontrait la force du témoignage et la valeur du document épigraphique. Cette puissance était d'autant plus grande qu'il s'agissait d'un écrit public, c'est-à-dire destiné à une diffusion et une appropriation plurielles et collectives1.

Lire la suite : https://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_2001_num_56_4_279986

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