Bagatelles pour mon journal : où porter son regard désormais ?
13 mars 2025/image%2F7030078%2F20250311%2Fob_0e27be_bag-25o226.jpg)
La pratique de la séduction relève–t–elle de l’agression sexuelle ? Parfois oui, sans doute. Mais s’il s’agissait plutôt d’une adaptation des parades nuptiales ? Tous les êtres vivants fonctionnent sexuellement à peu près de la même façon : le mâle doit séduire la femelle avant d’accomplir l’accouplement. Dans certains cas, c’est la femelle (la lionne, par exemple) qui ouvre le bal quand ses chaleurs l’y disposent. Certaines pratiques sont plus spectaculaires que d’autres, mais toutes les parades nuptiales obéissent aux mêmes lois de la séduction : mammifères, oiseaux, poissons, insectes, reptiles... « Des chercheurs du CNRS ont découvert que les drosophiles sont capables de transmettre leurs préférences sexuelles de manière culturelle, démontrant encore un peu plus que ce processus n'est pas le propre de l'humain[1]. ». Comme chez les bipèdes, certaines espèces se révèlent plus frustres, réduisant leurs avances au strict minimum. Les humains ne procèdent pas autrement, y compris dans les comportements qui s’embarrassent peu de formalités et que l’on montre férocement du doigt actuellement. S’il est souhaitable de sanctionner les « gestes déplacés » accordons encore un sursis aux sifflets admiratifs ainsi qu’aux regards appuyés… C’est ce qu’ont préconisé dans une tribune du journal Le Monde, Catherine Deneuve et une centaine de signataires : « Le viol est un crime. Mais la drague insistante ou maladroite n’est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste », écrivaient–elles. »
D’ailleurs, je suppose que les femmes qui arborent des décolletés « profonds » ou des jupes d’une longueur minimale ne sont pas choquées par les regards libidineux qu’elles provoquent (puisque les ayant provoqués ou cherchés ?). C’est certes leur liberté. Mais les seins ne sont ni des bibelots ni des objets d’art (encore que parfois…). Elles devraient donc avoir présent à l’esprit le fait que l’homme (le mâle) naît presque toujours concupiscent (je n’ai pas d’informations concernant les femmes…). La morale des sociétés occidentales (et sûrement des autres, mais je connais peu ou mal) réprouve, combat et dompte ce naturel chez une grande partie de la population masculine. Mais elle ne suffit pas à tout. Et certains « machistes » lui sont totalement récalcitrants. Par ignorance, vanité, provocation ou suffisance de caste. Malicieux (mais sûrement archaïque aujourd’hui), Jules Renard notait dans son Journal, le 12 février 1898 : « Quand je regarde la poitrine d'une femme, je vois double. » Mais où porter son regard désormais ?
[1] Depuis le nouveau Code pénal entré en vigueur le 1er mars 1994, la qualification judiciaire est aujourd'hui, selon les cas : atteinte sexuelle sur mineur et agression sexuelle. (Wikipédia).