« Nous n’avouons jamais nos défauts que par vanité. » Je l’ai lu dans les Maximes de La Rochefoucauld. Une liste de mes défauts serait sans doute trop longue et pourrait me nuire post-mortem. Et ma vanité redevenue poussière en prendrait un coup. Mais je peux évoquer mon défaut que je considère comme le principal et sûrement, au final, le plus handicapant, même si dans la plupart des cas, on le considère comme une qualité, voire une vertu : la discrétion.

Ce n’est certes pas une tare. Mais je déteste l’ostentation, le sans–gêne ou trop de curiosité, leur préférant le tact et la délicatesse en un mot le savoir–vivre. Le goût des réunions, des fêtes et autres festins (la convivialité) m’est étranger par nature. L’emphase excessive peut provoquer ma gêne comme toute familiarité inopportune. Parfois sans doute j’ai essayé de me mettre en valeur mais je ne suis pas certain d’y être toujours parvenu, sans doute parce qu’au fond je doutais de la nécessité d’un tel comportement. J’ai constamment avancé dans la vie avec retenue et circonspection, sauf si les circonstances exigeaient quelque bavardage voire un peu d’exubérance. Peut–être que cela m’a desservi. Au final, dans un siècle où l’impudence et l’insolence étaient des valeurs montantes, je crois que je n’ai guère été à ma place.

Je ne peux omettre à côté un autre travers (parfois coûteux) : la naïveté. Ce fut et cela reste un défaut préjudiciable. Accorder ma confiance trop vite en est la parfaite illustration. Je l’ai fait souvent attribuant candidement à d’autres ma sincérité, ma loyauté et ma bonne foi. Malheureusement, cette honnêteté n’était pas toujours partagée et j’ ai subi parfois des retours de bâtons et surtout des désillusions quant à l’espèce humaine. Je me hâtais toujours de ne pas généraliser, mais il n’empêche que mon inconscient s’en trouvait marqué.

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