Lettres de Dostoïevski À E.N. Lebedeva 8 novembre 1879. Saint-Pétersbourg Pétersbourg. novembre 8/79.

Madame, Le vieux Karamazov est tué par le serviteur Smerdiakov. Tous les détails seront éclaircis dans la suite du roman (9). Ivan Fiodorovitch n'a pris part au crime qu'indirectement et de loin, uniquement par le fait qu'il s'est abstenu (volontairement) de ramener Smerdiakov à la raison, lors de sa discussion avec lui avant son départ pour Moscou, et de lui exprimer clairement et catégoriquement son dégoût pour le forfait qu'il projetait (qu'lvfanj FfiodoroviAch avait nettement vu et pressenti) ; ainsi, il autorisait en quelque sorte Smerdiakov à commettre ce forfait. Or, l'autorisation était indispensable à Smerdiakov, le motif, là encore, sera expliqué par la suite. Dmitri Fiodorovitch n'est en rien coupable de l'assassinat de son père. Lorsque Dmitri Karamazov saute de la palissade et entreprend d'essuyer le sang de la tête du vieux serviteur qu'il a blessé, par là même et par les mots : « Le vieux s'est trouvé là au mauvais moment », etc., il dit déjà en quelque sorte au lecteur qu'il n'est pas le parricide. S'il avait tué son père et, 10 minutes plus tard, Grigori, il n'aurait pas sauté de la palissade vers le serviteur assassiné, sinon, à la rigueur pour se convaincre qu'il avait bien liquidé un important témoin de son forfait.

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