Par Christopher Duggan & Marc Lazar & Marie-Anne Matard-Bonucci , le 30 mai 2014
traduit par Emilie L’Hôte
avec le soutien de Fondation Florence Gould
 
Lecture de Marie-Anne Matard-Bonucci

Le fascisme haïssait la démocratie et tout ce qui dérivait des Lumières. En 1932, l’Encyclopédie Treccani présentait la « démocratie » comme un régime où « de temps en temps, on donne au peuple l’illusion d’être souverain alors que la souveraineté véritable réside dans des forces souvent irresponsables et secrètes ». Mussolini méprisait la « loi du plus grand nombre » estimant que l’inégalité entre les hommes était à la fois inévitable et féconde. Pourtant, le régime ne se désintéressa pas de ce que les démocraties nommaient « l’opinion ». Il auscultait en permanence le peuple italien pour le contrôler mais aussi dans l’intention de le transformer. Préfets, policiers, informateurs et organisations fascistes scrutaient l’état d’esprit de la population moyennant une grille de lecture souvent déformante de la réalité. Comment remodeler la société sans la connaître réellement ? Mais comment la connaître sans lui donner la parole ? Cette difficulté, propre aux régimes totalitaires, allait devenir par la suite le dilemme des historiens en quête d’une vox populi filtrée, orientée ou falsifiée dans les archives émanant du pouvoir.

Lire la suite : https://laviedesidees.fr/La-seduction-fasciste

 

 

 
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Recensé : Christopher Duggan, Ils y ont cru. Une histoire intime de l’Italie de Mussolini. Lettres, journaux intimes, mémoires : les archives inédites du fascisme, traduit par Cécile Dutheil de La Rochère. Paris, Flammarion, 2014, 488 p., 28€ [Fascist Voices. An Intimate History of Mussolini’s History, Bodley Head, 2012].
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