Par Adrien Berger.

 

Le journal intime se soustrait à toutes les tentatives de définition. S’il est difficile de le définir comme un « genre », qui suppose un horizon de publication, une rencontre avec le lectorat1, il est tout aussi insatisfaisant de le lire comme un seul « avant-texte » dans une perspective génétique. Même la notion de « forme » d’écriture supposerait l’achèvement du journal ou un canevas préétabli précédant l’écriture ; or le journal s’invente et se réinvente chaque jour. Si l’on recense les premières critiques sur le journal au début de la deuxième moitié du xxe siècle, il faut attendre les travaux de Béatrice Didier, de Georges Gusdorf et de Pierre Pachet à partir des années 1980 pour constater un engouement critique et universitaire autour de cette pratique.

Emmanuelle Tabet propose dans cet ouvrage riche de références de redéfinir le journal intime à partir de l’exercice spirituel. Le journal ne sera donc pas traité comme un genre à part entière, mais plutôt comme « une pratique et un rythme » : « il s’inscrit dans la contingence d’une existence qui s’écrit en train de se vivre et se vit en train de s’écrire » (p. 9).

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1 Selon la définition de Jean-Marie Schaeffer dans Qu’est-ce qu’un genre littéraire ?, Paris, Seuil, 1989, p. 80.

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Emmanuelle Tabet, Méditer plume en main. Journal intime et exercice spirituel, Paris, Classiques Garnier, coll. « Confluences », 2021, 624 p., EAN : 9782406114178.
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