L’art et le bonheur d’écrire, selon Michèle Cohen.
20 févr. 2025Michèle Cohen a écrit pour les autres, pour la pub, pour la radio. Sur l’exil et la judéité. Elle a brodé les vers de ses amis et les noms de ses amants. Jubilatoire, son premier roman, «La Rédactrice», est aussi une exquise lecture d’été.
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Sur sa dissertation, Mme Genette a noté en rouge: «Votre style est d’une platitude gênante». Des années plus tard, un ami, à qui elle a confié un texte personnel, lui dit: «Ce n’est pas que tu écris mal, tu as même acquis une petite habileté. Mais justement, c’est pire.» Entre la platitude et l’habileté, Michèle Cohen est devenue «la rédactrice». Mme Genette, encore, épouse du grand théoricien de la littérature, lui a appris «à préciser, alléger, dégraisser, donner de la grâce», à l’exemple des repentirs de Flaubert. Elle envie la sobriété de l’Américaine Lydia Davis: «le contraire du lyrisme, du pathos». La Rédactrice est un livre merveilleux qui brode autour de la création littéraire une guirlande légère et drôle.