À la différence des lettres, toujours adressées et qui, rhétorique aidant, ont pu passer assez vite du statut d’écriture ordinaire à celui d’œuvre, le journal est resté fort longtemps à l’écart du champ littéraire et de l’expression de la personne. Sa pratique remonte aux origines mêmes de l’écriture et du calendrier : on peut le définir, au minimum, comme une série de traces datées. C’est une mémoire notée au jour le jour : un enregistrement de données, une simple archive. Il recueillit d’abord, dans l’Antiquité, la mémoire collective des états, de l’administration, du commerce, sur des supports plus ou moins éphémères, tablettes de cire ou papyrus. Son histoire a deux aspects, plus ou moins liés : évolution des supports, changement de domaine d’application. Jusqu’à la Renaissance, tous les journaux ont été collectifs et publics, et très peu ont été conservés. Ni l’examen de conscience journalier prôné dans la civilisation gréco-romaine, de Pythagore à Marc-Aurèle, ni la confession chrétienne ne se sont coulés dans cette forme.

Lire la suite : https://ecrisoi.univ-rouen.fr/dictionnaire/journal-personnel

____________________

Source 

Lejeune Philippe, « Journal personnel », dans Dictionnaire de l’autobiographie, dir. F. Simonet-Tenant, avec la collab. de M. Braud, J.-L. Jeannelle, P. Lejeune et V. Montémont, Paris, Champion, 2017, p. 457-460, en ligne, URL : https://ecrisoi.univ-rouen.fr/dictionnaire/journal-personnel, page consultée le 21/02/2025.

Retour à l'accueil