La plate-forme Mémo de vie permet aux victimes de violences d’écrire et stocker en toute confidentialité, jour après jour, ce qu’elles subissent. Un outil qui libère la parole, aide à la reconstruction et sert désormais de preuves lors des procès.

«Quand vous allez voir les gendarmes, vous avez honte. Il est essentiel de venir avec ce document pour relater chaque fait de manière détaillée et chronologique», insiste Gersende Ryard de Parcey, victime de violences. LP/Delphine Goldsztejn

« Lundi. Il m’a encore réveillée en pleine nuit. Je me suis rendu compte qu’il me brûlait avec des cigarettes. Mardi : on a fini dans la cuisine, par terre. J’ai eu des bleus. Mercredi : ça y est, il redevient gentil. Il s’est excusé pour la veille. » Lire le « Mémo de vie », le journal intime numérique de Marie (le prénom a été modifié), 40 ans, enseignante en droit à Toulouse (Haute-Garonne), c’est s’immerger dans une litanie de coups, de brimades, d’actes de torture. Plonger dans un quotidien glaçant ponctué des « hauts et bas » dit-elle, de son compagnon de l’époque.
 
Retour à l'accueil