Bagatelles pour mon journal : mon admiration pour les cisterciens
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Adulte (et athée), mon besoin et mon exigence de rigueur m’ont orienté vers une meilleure connaissance des bénédictins. J’appréciais que Benoît de Nursie, devenu saint ultérieurement, ait remis au VIe siècle de l’ordre dans une partie de l’Église en instaurant une nouvelle règle. Ce n’était pas la religion elle–même qui me préoccupait, mais son organisation dont même un laïc pouvait s’inspirer. Celle–ci régit dans le détail la vie communautaire des moines. Elle normalise obéissance, silence et humilité des frères aussi bien que le déroulement des offices liturgiques. Elle fixe l’occupation des heures de veille et le sommeil des moines, les services à la communauté ou la lecture aux repas, etc. L’importance de cette organisation connaît un tel succès qu'au XIe siècle, les moines d'Occident seront tous bénédictins. Les siècles passent et la règle de Saint–Benoît continue de s’affirmer. En 910, en Bourgogne une des plus célèbres abbayes bénédictines donnera naissance à l'ordre du même nom : Cluny sera l'un des grands symboles et phare de la vie bénédictine.
En 1098, pratiquement deux siècles plus tard des moines bénédictins de l’abbaye de Molesme estiment la règle quelque peu pervertie. Ils fondent alors l’abbaye de Cîteaux pour « suivre, plus fidèlement et de façon plus parfaite, la règle du très saint Benoît ». C’est ce qui me plaît en eux. Ainsi vont naître dans toute l’Europe des centaines de monastères de moines et de moniales sous la houlette de l’ordre cistercien. Ainsi devins–je admirateur de Bernard de Clairvaux. Éloignement et retrait du monde, vie dépouillée, discipline sévère, pénitence, travail manuel tel est le cadre cistercien et j’avoue y voir un mode de vie qui aurait pu me convenir… si j’avais eu la foi et… des dispositions pour travailler avec mes mains . Ce goût du dépouillement, de la simplicité et de l’austérité se retrouve dans l’art cistercien.
Nous avons visité de nombreuses abbayes cisterciennes. Ce fut même à une époque une sorte « d’activité culturelle » systématique de notre couple. Allions–nous quelque part, que nous nous inquiétions de découvrir la ou les abbayes à proximité, C’est ainsi que nous avons pu connaître et admirer Beaugerais, Belloc, Bonnevaux, Cadouin, Cîteaux, Clairvaux, Royaumont, Fontfroide, Noirlac, Notre–Dame de la Grâce à Bricquebec, Sénanque. J’en oublie sûrement. Toutes ces visites furent l’occasion de véritables émerveillements.
Simplicité et sobriété de l’architecture ainsi que des ornements caractérisent la rigueur poétique de ces lieux aux lignes harmonieuses et majestueuses où la pureté des lignes prend naissance dans l’économie des matériaux et la simplicité du plan d’ensemble.