Journal 1918-1919 de Mireille Havet. Une « vie de damnation » pleine d'amour pour les femmes et d'usage des stupéfiants
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Le Journal 1918-1919 de Mireille Havet, dans sa réédition augmentée, est un témoignage littéraire puissant et lyrique d'une jeune femme de vingt ans, à la fois nouvelle reconnaissance et figure troublante d'une vie marquée par la solitude, les désillusions amoureuses et l'exploration de son identité.
Illustration : L’un des cahiers du journal de Mireille Havet. Fac similé d’une double page à la date du 19 avril 1920. Fonds M. Havet / Université Paul-Valéry...
Ce journal, établi par Pierre Plateau avec une introduction de Dominique Tiry, dévoile une écriture spontanée mais travaillée, tris proche de la poésie et du roman, ù Mireille Havet exprime sa vie entière en termes de lutte, de désespoir, et d'aspiration au lyrisme. Son récit forge une « vie de damnation » pleine d'amour pour les femmes et d'usage des stupéfiants, mettant en avant une sensibilité exacerbée et une libération conditionnelle dans le temps rare entendue à cette époque.
Ce journal s'inscrit dans une époque charnière, juste après la Première Guerre mondiale, marquée par la perte d'Apollinaire, dont Mireille fut proche, et les espoirs des années folles. On perçoit une jeunesse entre ivresse de la vie parisienne et tragédies personnelles, donnant au texte une dimension autobiographique et lyrique autonome que sociale et intime. L'écriture, tout en ancien parfum fragmentaire et difficile à déchiffrer, conserve une forte musicalité, avec une syntaxe et une ponctuation imprégnant le lecteur d'une immersion profonde dans la pensée de Mireille Havet.
Sur le plan littéraire, ce premier volume du journal révèle à la fois la richesse politique et la violence des sentiments de Mireille Havet, sa lutte contre une existence qu'elle nomme « barque haletante sur la mer sans étoile ». La dimension autobiographique et l'expressivité exaltée de son style rapprochent ce journal d'une œuvre de poésie en prose, ù son lyrisme est renforcé par une mise à nu totale, un « renversement de l'infamie » où l'infamie serait la trahison du don poétique lui-même.
Cette réédition permet aussi de comprendre le chemin personnel et artistique de Mireille Havet, qui sera à la fois admirée par ses paires comme Colette et Jean Cocteau et pourtant souvenir marginalisé pour son mode de vie et ses choix amoureux. L'ouvrage s'inscrit dans la tendance actuelle de redécouverte de voix françaises ou mineures, surtout dans le contexte des années 1920 à Paris, entre éclat et tragédie oscillants.
Points clés de l'analyse littéraire
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Le journal est un trémoignage intime d'une jeune poété lyrique, au style à la fois brut et travaillé, entre journal intime et œuvre poétique.
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La thématique centrale est la vie à vingt ans, pleine d'espoirs, de désillusions, de brutalités intérieures et d'expérimentations sexuelles et artistiques.
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L'écriture, très spontanée, se montre aussi très musicale et romanesque, révélant une grande maîtresse poétique.
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Mireille Havet y exprime une « vie de damnation » avec un goût assumé pour l'amour des femmes et les stupéfiants, commerçant une quête douce d'identité.
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Le journal illustre la figure tragique d'une artiste jeune, admirée mais marginale, liée à la génération d'écrivains précce et révolutionnaire.
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Sa ponctuation et sa syntactique chaotique sont respectées dans l'édition à l'exception de rares interventions pour la lisibilité, conservatrice ainsi l'authenticité du style.
Cette œuvre est à la fois un document historique littéraire et un manifeste d'émancipation personnelle dans un contexte culturel bouleversé, offrant un portrait fascinant d'une figure poétique émouvante et méconnue.
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12 x 17 cm, 304 pages.