Écriture et féminité. Une théorie littéraire et critique formulée par Hélène Cixous
04 août 2025L’« écriture féminine » est une théorie littéraire et critique née au début des années 1970 en France, notamment formulée par Hélène Cixous dans son essai Le Rire de la Méduse (1975). Elle désigne une écriture qui exprime le vécu et la subjectivité des femmes en s’affranchissant des structures linguistiques et discursives dominées par un système phallocentrique, considéré comme patriarcal et masculin. Cette écriture privilégie des formes non-linéaires, cycliques, et met en avant le corps et la différence féminine, cherchant à réaffirmer une extériorité et un rapport au monde propres aux femmes.

La langue, selon cette théorie, n’est pas neutre mais un instrument façonné par des rapports de pouvoir sociaux et sexuels. Ainsi, l’écriture féminine est vue comme une force subversive capable de contester l’ordre symbolique masculin et patriarcal par un mode d’expression qui dépasse les formes classiques d’écriture « masculine ».
Toutefois, la question d’une spécificité intrinsèque de l’écriture féminine fait débat. Certains pensent que cette spécificité réside dans la thématique, la sensibilité ou la façon de raconter l’expérience féminine, tandis que d’autres considèrent que l’écriture dépend surtout de la personnalité et de la vision du monde de chaque écrivain, homme ou femme, sans qu’il existe une écriture propre au sexe.