Isabelle Cogitore p. 193-212.dans 

Sous la direction de François Guillaumont et Patrick Laurence.

 

Si on mettait en série les constatations sur l’absence de tel ou tel type d’ouvre chez les auteurs antiques, sans même qu’il soit question des œuvres perdues, on s’apercevrait peut-être que l’absence de l’historiographie chez un auteur est une de celles qui nous touche le plus. Pas d’histoire écrite par Cicéron, dont on sait pourtant les opinions en la matière, grâce entre autres à la lettre à Lucceius ; pas non plus d’histoire écrite par Sénèque, alors même que son œuvre considérable présente une rare variété, allant des traités au théâtre, et que la conjonction de la réflexion philosophique et de l’écriture dramatique pourrait, presque naturellement, mener à l’historiographie. Sénèque, en outre, affirme prendre plaisir à la lecture de l’histoire, en qui il voit « une source d’exempla ou à l’occasion une source de considérations nourrissant la réflexion morale »1. Le lien entre morale et histoire est sans aucun doute le point central de la conception que Sénèque a pu avoir de l’histoire et informe, comme on le verra, l’ensemble des exemples historiques qu’il inclut dans ses Lettres ; je m’en tiendrai à cette ligne d’interprétation2, conforme à l’importance que le passé, sous toutes ses formes, revêt pour les Romains, au point d’être une composante de leur mentalité même3.

Voir plus : https://books.openedition.org/pufr/10763

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Éditeur : Presses universitaires François-Rabelais

Lieu d’édition : Tours

Publication sur OpenEdition Books : 17 octobre 2018

ISBN numérique : 978-2-86906-568-0

Collection : Perspectives Littéraires

Année d’édition : 2012

ISBN (Édition imprimée) : 978-2-86906-273-3

Nombre de pages : 496

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