Article de revue Internet, le média ultime Par Christian Vandendorpe Pages 135 à 145.


En 1995 apparaissait une nouvelle version de Windows dont la principale innovation était de faciliter l’accès à l’Internet, en rendant invisibles et automatiques des opérations jusqu’alors complexes et réservées aux initiés. Voyant le web comme un Eldorado, où l’alliance de l’informatique et d’Hollywood engendrerait une fructueuse source de revenus, Microsoft livrait son navigateur Internet Explorer avec une série d’icônes de diverses chaînes (channels), sur lesquelles il suffirait de cliquer pour se retrouver sur le site Disney ou quelque autre major du divertissement programmé. Beaucoup considéraient alors que les usagers du web adopteraient envers ce nouvel espace la même passivité qu’envers la télévision. Il n’a pas fallu longtemps pour mesurer à quel point cette perspective était erronée. Loin de s’inscrire dans la lignée des médias de masse qui dominèrent le xxe siècle, l’Internet possède une dynamique propre, qui fait du lecteur un partenaire actif, investi d’un pouvoir et apte à devenir lui-même agent médiatique : soit, depuis l’invention de l’écriture, la plus importante révolution dans la façon dont l’humanité échange, produit, analyse, interprète et mémorise les données symboliques.

Nous examinerons comment l’Internet, en plus de devenir un service essentiel, au même titre que l’électricité [1], est en train de transformer notre rapport aux médias existants tout en affirmant sa propre spécificité médiatique.

Notes

[1] C’est parce que l’Internet est de plus en plus perçu comme un service essentiel que la ville de Philadelphie, en avril 2005, a décidé de le rendre accessible à tous ses résidents au moyen d’un réseau sans fil Wi-Fi couvrant la municipalité : http://www.phila.gov/news/prelease.

Voir plus : https://shs.cairn.info/revue-le-debat-2006-2-page-135?lang=fr

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