Communication de MM. Frédéric DELOFFRE (Sorbonně) et Jacques ROUGEOT (Paris) présentée par M. DELOFFRE au XIXe Congrès de V Association, le 26 juillet 1967. .  Année 1968  20.  pp. 19-37.

 

Permettez-moi de préciser tout d'abord que, si je suis seul à me présenter aujourd'hui devant vous, mon ami Jacques Rougeot a pris une très large part dans les recherches sur lesquelles repose cette communication. Puisqu'il est ailleurs à la peine avec moi, il est bien juste que son nom soit ici à l'honneur, si c'est de l'honneur, et non de la honte, que nous allons retirer en traitant un sujet qui pourrait paraître rebattu.

Ce sujet, à vrai dire, m'a paru très propre à illustrer le thème de la présente journée. Le titre m'en a d'ailleurs été suggéré par un contemporain même, je veux parler de l'auteur des Nouvelles réponses, publiées à Grenoble, aux Lettres Portugaises (1669). Après avoir prudemment posé qu'il « ne prétend pas éclaircir ici le lecteur si les Lettres Portugaises sont, ou véritables, ou supposées », l'écrivain en question — peut-être un familier des cercles précieux de Grenoble auxquels présidait Le Pays, sinon Le Pays lui-même — , ajoute ce qui suit : L'ingéniosité et la passion toute pure qui paraissaient dans ces cinq lettres permettent à peu de gens de douter qu'elles n'aient été véritablement écrites. Quant au dessein qui m'a obligé d'y faire des réponses, je suis trop franc pour dissimuler ce que m'en a dit un des plus beaux esprits de France (...) On m'a dit qu'une passion violente avait inspiré ces cinq premières lettres, et qu'un homme qui ne serait pas touché d'une pareille passion ne réussirait jamais heureusement à y faire des réponses (...) Je ne me rendis pas à ces raisons. Je vis bien que la beauté naturelle des Portugaises était inimitable, et qu'elles pouvaient justement être appelées un prodige d'amour ; je crus néanmoins que, quand mes réponses ne seraient pas si prodigieuses, elles ne laisseraient pas pour cela de passer (...) pourvu qu'il y ait quelque feu. J'aime mieux qu'on me prenne pour un homme d'esprit que pour un homme amoureux.

Voir plus : https://www.persee.fr/doc/caief_0571-5865_1968_num_20_1_896

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