«Lettres» de William S. Burroughs, corps et came
08 avr. 2025Cette correspondance du plus vieux représentant de la Beat Generation paraît en poche seize ans après sa première édition en français.
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«Le don de Burroughs pour l’extrême» : Oliver Harris emploie ces mots dans son introduction aux Lettres (couvrant la période de 1945, en fait surtout 1949, à fin 1959) du plus vieux représentant de la Beat Generation, cette correspondance paraissant en poche seize ans après la première publication en français. L’auteur du Festin nu est né en 1914 et mort en 1997, tandis qu’Allen Ginsberg est né en 1926 et mort en 1997 et Jack Kerouac né en 1922 et mort en 1969. L’extrême se décline sur plusieurs tons. Rarement autant de membres d’un courant littéraire auront été en prison (pour des raisons non politiques), William Seward Burroughs lui-même, après qu’il a tué sa femme en jouant mal à Guillaume Tell et pour des raisons plus liées à la drogue («Seule une erreur peut expliquer que vous ne soyez pas encore en prison», lui dit encore son avocat à Paris en 1959), mais aussi Neal Cassady (1) et des flopées d’hommes liés au mouvement comme les notes de l’édition le précisent. Tout au long de ces lettres (principalement à Allen Ginsberg qui a plus de réserves à l’endroit d’une relation physique entre eux qu’il ne le souhaiterait), Burroughs passe d’un extrême à l’autre. «Je ne touche plus à la came et cela ne me manque pas du tout» apparaît dès la deuxième lettre du recueil et sera répété en d’autres termes à multiples reprises, tout comme son contraire («Pour sûr, la came est une chose abominable»).
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