Par Marc Loriol, dans Socio, Dynamique de l'intime, p. 45-64.

Si la modernité économique et sociale tend vers une séparation croissante du public et du privé, du professionnel et de l’intime, des exceptions perdurent. C’est le cas du travail des diplomates qui, pour mener à bien leurs activités de représentation, d’information et de négociation, doivent mêler relations professionnelles et amicales, vie publique et vie de famille, lieu de travail et domicile. Lointains héritiers de traditions aristocratiques propres aux sociétés de cour, les diplomates doivent inventer, avec leurs conjoints, de nouvelles formes d’imbrication du privé et du public. Le travail diplomatique suppose une pratique professionnelle de la gestion de son image personnelle, des relations personnelles, de la convivialité et de l’hospitalité. Inviter, être invité, y compris dans des domiciles privés, est un moyen parmi d’autres de constituer un réseau indispensable tant pour entretenir l’image de la relation politique que pour bâtir la confiance qui permet l’échange d’informations et la négociation. Le conjoint, qui est le plus souvent une conjointe, participe du travail de représentation, de la construction de l’image et du standing du couple bien qu’il ne soit pas salarié du ministère. À partir d’observations (ambassades, consulats, Quai d’Orsay), d’entretiens et de mémoires ou récits publiés par des diplomates ou leurs épouses, cet article décrit comment l’intime et le privé restent prégnants dans une activité professionnelle qui personnalise les relations internationales.

Voir plus : https://journals.openedition.org/socio/2382

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Cet article est cité par

  • Papadaniel, Yannis. Berthod, Marc-Antoine. (2020) Politiques publiques et intimité face à la maladie grave. Anthropologie et Sociétés, 43. DOI: 10.7202/1067027ar
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Auteur

Marc Loriol est sociologue et chargé de recherche au CNRS (laboratoire IDHES Paris 1). Il travaille sur les risques psychosociaux et le bien-être au travail dans différents métiers (ouvriers, policiers, infirmiers, conducteurs de bus, diplomates, etc.). Il s’intéresse au sens du travail, à la reconnaissance et au plaisir, aux relations entre travail et hors travail. Il a publié huit ouvrages, dont, avec Nathalie Leroux, Le travail passionné (Paris, Eres, 2015).

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