Article de  dans , Année 2010  11  pp. 345-360.
Fait partie d'un numéro thématique : L’unité sémantique de l’Âge d’Argent.

Dans le présent article, nous étudierons le développement du genre autobiographique en Russie dans trois temps : émergence du genre, explosion du genre à l’Âge d’argent et unification de l’Âge d’argent dans les autobiographies postérieures (soviétiques et émigrées). L’unité sémantique de l’Âge d’argent sera analysée dans la perspective diachronique : nous montrerons d’abord les antécédents de ce genre avant l’époque en question et ensuite nous exposerons la manière dont cette période fut perçue dans les autobiographies de ses grands acteurs, autobiographies postérieures à cette époque. Dans notre article, nous nous pencherons sur la question qui suit : comment un genre qui semble approprié à la description du parcours personnel, biographique et poétique d’un écrivain, reflète-il l’époque ?

L’émergence et l’évolution du genre autobiographique en Russie

Dans la littérature russe, l’autobiographie prend ses origines dans les confessions (исповедь), la supplique (моление), le pèlerinage (паломничество), les carnets de voyage (путевые записки), l’épître (послание), le testament (завещание), la vie des saints (житие), la chronique (хроника) et la biographie (биография). Le genre autobiographique est apparu en Russie au XVIIIe siècle, mais les éléments de l’autobiographie existaient déjà depuis plusieurs siècles dans d’autres genres littéraires. Nous trouvons les premiers exemples d’écrits autobiographiques à la fin du Moyen Age. Au XIe et au XVe siècles nous pouvons observer l’utilisation du « je » qui se rapporte à l’auteur dans le récit. 

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