Par Nour Z. Jaradapsychologue gazaouie pour Médecins du Monde France.

 

Nour Z. Jarada vit à Gaza depuis toujours. Pour «Libération», cette psychologue de Médecins du monde France raconte son quotidien dans l’enclave palestinienne. Neuvième épisode : le retour de la guerre.

Il me coûte de l’écrire, mais je crois que la vie dans les tentes n’est pas près de s’arrêter. Certains d’entre nous, dans un élan de colère et de refus de la situation, avaient brûlé leur tente, croyant que nous allions enfin rentrer chez nous. Mais elles sont désormais de retour ; elles se dressent devant nous, pas dans les zones d’évacuation, mais au cœur même de notre propre ville. A Gaza ! Cette vision que je détestais, que j’espérais ne plus jamais revoir, est notre nouveau quotidien. Fin janvier, nous sommes retournés à Gaza pour retrouver notre ville en ruines. Il n’y a plus de maisons pour s’abriter, plus de toits pour se protéger contre le froid glacial ou la chaleur écrasante. Il ne reste que le ciel à perte de vue et la terre brisée sous nos pieds. Les enfants meurent – pas au sens figuré, mais littéralement – de froid, parfois de faim, et toujours de désespoir, sous le poids d’une injustice insoutenable.

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