Ginguené et Rousseau d’après les lettres sur les Confessions
25 avr. 2025/image%2F7030078%2F20250425%2Fob_006b4e_2009782868471574-img001.jpg)
Le 17 vendémiaire an III de la République, les membres de la commune d’Ermenonville, réunis pour l’occasion dans l’Ile des Peupliers, assistaient au départ de la dépouille de Rousseau pour ce qui serait sa dernière demeure : ce Panthéon où elle repose aujourd’hui, non loin de celle de Voltaire. D’imposantes cérémonies s’ensuivirent. P.-L. Ginguené qui, comme membre du Comité d’Instruction publique, en fit une relation pittoresque et enthousiaste1, avait de bonnes raisons de se réjouir de l’événement : n’avait-il pas œuvré de tout son talent pour que le grand homme si cher à son cœur connaisse enfin l’apothéose posthume que méritait son génie ?
2Dans la Pétition à l’Assemblée nationale 2 qu’il avait rédigée en 1791, il s’indignait que Rousseau n’eût pas encore obtenu sa place, aux côtés de Voltaire, dans le Temple de la Patrie reconnaissante. Celui-ci avait eu sans doute le courage insigne « de terrasser, d’écraser sous les pieds de la philosophie le monde du fanatisme et de la superstition »3, et l’Assemblée avait eu raison d’ouvrir à ses restes mortels les portes du Panthéon, mais que dire de l’auteur du Contrat social ?
Voir plus : https://books.openedition.org/pur/35896#anchor-footnotes
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1Rapport de la Commission exécutive au Comité d’Instruction publique. Un extrait de ce rapport est cité par Jean Roussel dans Jean-Jacques Rousseau en France après la Révolution. 1795-1830, A. Colin, 1972, p. II.
2Pétition à l’Assemblée nationale contenant demande de la translation des cendres de J.-J. Rousseau au Panthéon français. Assemblée nationale, 16-31 août. Ile séance du 27 août 1791.
3Op. cit., p. 2.
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