Le XIXe siècle devant les correspondances. Le siècle romantique s'est parfois souvenu qu'il était aussi un vil siècle bourgeois...
03 mars 2025Article de
José-Luis DIAZ
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Le XIXe siècle est-il le siècle des correspondances ? C'est ce que nous pousserait à dire une actualité epistolaire qui reste aujourd'hui largement dépendante de lui. Loin pourtant d'accepter une telle prééminence, les spécialistes des deux « grands siècles » antérieurs prêchent pour leur paroisse, non sans atouts. Préfaçant en 1895 un Choix de lettres du XVIIe siècle, Gustave Lanson trouve léger le trésor epistolaire du siècle finissant, — encore enfoui pour l'essentiel, il le reconnaît ' -, en regard de celui du siècle de Mme de Sévigné. Quant à Georges May, il consacre un bel article à répondre à cette question-titre : « La littérature epistolaire date-t-elle du XVIIIe siècle 2 ? » Réponse, on s'y attend bien, affirmative, au motif - légèrement spécieux — qu'il y aurait une évidente complicité entre le siècle de la liberté et la liberté du genre epistolaire.
Vains ces chauvinismes en fait de siècles ? Peut-être. Mais, à l'heure où notre Société se mobilise dans la perspective d'un colloque international sur « L'invention du XIXe siècle », peut-être n'est-il pas si oiseux de consacrer un numéro de Romantisme à poser globalement la question du rapport de « notre » siècle à « l'épis- tolaire ». Question d'autant moins déplacée qu'un tel mode cavalier de procéder permet de contrebalancer, pour une fois, le patient « un à un » monographique qui est le péché mignon auquel invitent les correspondances.
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