Paul Morand est né en 1888, un an avant la tour Eiffel. Il meurt en 1976, un an avant la naissance du Centre Pompidou. Entre-temps, l’écrivain aura été diplomate de Pétain et raciste et antisémite convaincu. En même temps qu’une excellente biographie par Pauline Dreyfus, paraît le premier tome d’un document historique majeur, son Journal de guerre, couvrant les années 1939 à 1943.

Au mitan de cette vie, il y a ces quelques jours dignes d’un scénario hollywoodien, qui vont l’orienter pour toujours et qu’il ne reniera jamais, bien au contraire. Diplomate en poste à Londres à la direction de la Mission économique française, l’écrivain, peut-être vexé par une « convocation » par un général de brigade à titre temporaire, membre du gouvernement français, de passage à Londres où il a refusé de se rendre le 9 juin 1940, refuse à nouveau, lors du retour du général de Gaulle, de rencontrer le « gaulleiter », lequel lui emprunte sa secrétaire pour taper l’appel du 18 Juin. Le 20 juillet, Paul Morand choisit de rejoindre Pierre Laval à Vichy. Très lié à sa fille, Josée de Chambrun, il sera de son cabinet au printemps 1942, avant d’être exfiltré en 1943 ambassadeur à Bucarest, à l’époque de « tracas famine patrouille », selon l’expression de Léon-Paul Fargue.

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Paul Morand, Journal de guerre. Londres, Paris, Vichy 1939-1943. Édition établie, annotée et présentée par Bénédicte Vergez-Chaignon. Gallimard, coll. « Les Cahiers de la NRF », 1 040 p., 27 €
Pauline Dreyfus, Paul Morand. Gallimard, 496 p., 24 €

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