Par Jean Lacoste. 31 août 2016.

Paul Valéry

Avec ce tome XIII, correspondant à la période qui va de mars 1914 à janvier 1915, s’achève l’édition scientifique intégrale des Cahiers 1894-1914 de Paul Valéry : treize tomes, des milliers de pages nées de ce rituel quotidien « d’écriture de la pensée » que Valéry s’imposa de 1894 à sa mort, après « la crise de Gênes » de 1892, qui a incité le poète, déçu sur bien des plans, à tenter de reconquérir son vrai Moi.

« De quoi s’agit-il ? » se demande Michel Deguy dans une préface aussi stimulante que décalée sur l’actualité (problématique) de « l’intelligence » chez Valéry. La question mérite d’être posée, d’autant plus que Valéry lui-même considérait ses Cahiers comme une de ses œuvres majeures et le fruit le plus précieux de ses réflexions matinales, son « capital » disait-il. Si la rigueur et l’ampleur du travail éditorial forcent le respect et l’admiration, le philosophe qui lit ces notations peut avoir le sentiment de se trouver devant un puzzle dont on a perdu le modèle et auquel il manque des pièces. C’est peu dire que la pensée de Valéry ne prend pas une forme systématique, même s’il parle de son « système » ; elle répugne à toute organisation ; elle se réfugie dans une multitude de modestes  « cahiers » ; elle est profondément fragmentaire.

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Paul Valéry, Cahiers 1894-1914, tome XIII. Gallimard, 447 p., 35 euros


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