Rachelle Silberman dans le jardin du couvent la crèche des soeurs Franciscaines. Bruges, Belgique, juin 1944

 Par Nicole Zand.  Publié dans Le Monde, le 06 janvier 1986.

La carte postale, élevée au rang de document historique, en dit long sur les pratiques sociales et sur l'imagerie que les temps modernes ont développée à l'égard - ou à l'encontre - de la communauté juive.

Les juifs en cartes postales... Des juifs comme on n'en trouve plus, qui vous arrivent de partout et qui finissent par composer un album de stéréotypes dont la vérité est stupéfiante et qui matérialisent l'image que, partout dans le monde, on se fait, on se faisait, du juif : juif errant, marchand fripier des marchés, belles juives du Caucase ou de Pologne, Rothschilds cousus d'or, c'est tout un paysage culturel qu'on retrouve dans ces images pour former le catalogue de types humains le plus bariolé qui soit.

Les cartes postales considérées comme les archives d'un peuple, matériau d'ethnohistoire et d'histoire tout court infiniment précieux et unique, qui restitue, de l'intérieur autant que de l'extérieur, une approche candide et naïve. Inconnue. Trop connue... La passion d'un amateur, Gérard Silvain, l'a amené à réunir une collection sans égale : quelque trente mille cartes postales éditées principalement entre 1890 et la première guerre mondiale, l'image arrêtée d'un peuple à un moment donné, l'image de ce qui allait bientôt disparaître.

Voir plus : https://www.lemonde.fr/archives/article/1986/01/06/memoire-de-cartes-postales_2937307_1819218.html

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