Les journaux intimes allemands de 1933 révèlent un mélange de peur, d'enthousiasme nazi et d'horreur face à la violence qui accompagne l'ascension d'Hitler et l'installation du IIIe Reich. Ces témoignages d'ordinaire citoyens, intellectuels ou opposants montrent comment la prise de pouvoir légale du 30 janvier 1933 bascule rapidement vers la terreur par les SA et SS.

Ascension d'Hitler en janvier 1933

Victor Klemperer, juif assimilé et professeur, note dès mars 1933 sa honte pour l'Allemagne : "Je ressens plus de honte que de peur, honte pour l'Allemagne. J'ai toujours été allemand." Il exprime son désarroi face à l'accueil enthousiaste des Allemands pour Hitler, perçu comme une illusion temporaire, et prédit que le pays ne se remettra pas de cette ignominie.

Joseph Goebbels, propagandiste nazi, jubile dans son journal le 30 janvier : "Hitler est chancelier du Reich. Comme dans un conte de fées ! [...] Nous sommes dans la Wilhelmstrasse." Ses notes reflètent l'euphorie des cercles nazis après la nomination d'Hitler, qu'ils voient comme une victoire méritée.

L'incendie du Reichstag le 27 février 1933 marque un tournant : la "décret du Reichstag en feu" suspend les libertés, autorise arrestations massives de communistes et ouvre les premiers camps comme Dachau. Des témoins décrivent Hitler criant "Pas de pitié !", tandis que Göring accuse les communistes d'insurrection.

En juin 1933, la "Semaine de sang de Köpenick" voit les SA enlever, torturer et tuer au moins 23 personnes (opposants, juifs), en représailles à une fusillade : un témoignage rapporte des SA armés envahissant des maisons, battant les victimes avec "20 coups" répétés, et les forçant à défiler mutilés.

Klemperer observe la brutalité quotidienne : "Tout ce qui est non allemand – brutalité, injustice, hypocrisie, suggestion de masse jusqu'à l'ivresse – fleurit ici." Ces journaux soulignent comment la violence des SA, auxiliaires de police, impose la dictature malgré des sympathies populaires mitigées.

Les journaux intimes allemands spécifiques de 1933 qui citent directement l'ascension d'Hitler, l'incendie du Reichstag et la violence comme la "Köpenicker Blutwoche" incluent principalement ceux de Victor Klemperer et Joseph Goebbels. Ces témoignages, publiés postérieurement, offrent des extraits précis sur ces événements. D'autres journaux d'ordinaire citoyens existent mais sont moins cités pour 1933 exactement.

Ce professeur juif de Dresde commence son journal nazi en 1933, notant l'incendie du Reichstag le 27 février : il évoque les accusations contre les communistes et soupçonne Goebbels, décrivant le contexte d'humiliations juives dès mars. Il exprime honte et peur face à l'enthousiasme pour Hitler : "Je ressens plus de honte que de peur pour l'Allemagne". Ses notes couvrent la violence quotidienne des nazis.

Dans son entrée du 10 mars 1933 (datée "Freitag 10/III" dans l'édition originale), Klemperer décrit le contexte de terreur pré-électorale : "30 janvier : Hitler chancelier. Ce que l'on appelait Terror jusqu'au dimanche des élections du 5/III était un prélude doux. [...] Huit jours avant l'élection l'affaire grossière de l'incendie du Reichstag – je ne peux me figurer que qui que ce soit y croie vraiment aux auteurs communistes au lieu d'un travail payé. Puis les interdictions sauvages et les violences."

Victor Klemperer mentionne explicitement l'incendie du Reichstag le 10 mars 1933 dans son journal, huit jours avant les élections du 5 mars, qualifiant l'événement de "plumpe Sache" (affaire grossière ou maladroite). Il exprime un scepticisme total sur la culpabilité communiste officielle, affirmant : "je ne peux pas imaginer que quiconque y croie vraiment aux auteurs communistes plutôt qu'à un travail payé" (par les nazis).

Klemperer ne développe pas longuement l'événement en lui-même mais l'intègre à la montée de la dictature, avec décrets suspendant les libertés et arrestations. Ses entrées de février-mars 1933 expriment une honte croissante : "Je ressens plus de honte que de peur, honte pour l'Allemagne." Aucun extrait ne décrit l'incendie comme témoin oculaire, car il était à Dresde.

Il lie cela à la propagande massive (rues, radio), à la "révolution totale" et à la disparition des contre-forces, soulignant son choc face à l'effondrement rapide de la République. Plus tard, il cite des rumeurs sur le pyromane : nu sauf slip et carnet de parti nazi, logé chez un NS, renforçant son doute.

Plusieurs journaux intimes allemands de 1933, outre celui de Victor Klemperer, documentent les premières persécutions antisémites comme le boycott du 1er avril, les autodafés de livres et les violences SA contre les Juifs. Ces témoignages, souvent tenus par des Juifs assimilés ou des observateurs, révèlent un choc progressif face à l'exclusion sociale et économique. Ils sont publiés dans des recueils historiques ou archives comme celles de l'USHMM.

Le 30 janvier 1933, jour de la nomination d'Hitler, Goebbels  applaudit : "Hitler est chancelier. Comme dans un conte de fées ! Nous sommes dans la Wilhelmstrasse." Le 31 janvier, il planifie la répression communiste : "La révolte bolchévique doit d'abord éclater ; alors nous frapperons." Ces entrées célèbrent la prise de pouvoir et anticipent la violence post-incendie.

Autres témoignages spécifiques

Dorothea Günther décrit la "Machtergreifung" et Gleichschaltung en 1933, notant l'euphorie nazie à Berlin. Pour la Köpenicker Blutwoche (21-26 juin), des objections et rapports confirment 23 morts par SA/SS, mais pas de journal intime unique cité ; des chroniques collectives évoquent tortures publiques sans nom précis de diariste ordinaire. Des recueils comme ceux de l'USHMM

Dans son Journal, Friedrich Perl (Berlin, 1933), commerçant juif berlinois décrit le boycott du 1er avril 1933 : "Des SA devant chaque magasin juif, pancartes 'Ne pas acheter chez les Juifs'. Clients insultés, vitrines taguées." Il note l'humiliation publique et la peur croissante, avec arrestations arbitraires de Juifs aisés. Son journal, retrouvé dans des archives, illustre l'éviction économique immédiate.​

Dans ses notes de 1933, Helga Engler (Duisburg, jeune fille juive de 12 ans écrit sur les brimades scolaires post-lois antijuives : "Interdite de gymnase, on m'appelle 'sale youpin'. Mes livres brûlés lors de l'autodafé du 10 mai." Elle exprime solitude et perte d'amis "aryens", témoignage rare d'enfant sur l'isolement précoce. Disponible via des collections d'enfants pendant l'Holocauste.​

À Hambourg, Kurt Rosenberg,  psychiatre juif note dès mars 1933 les violences : "SA cassent vitrines de médecins juifs, patients fuient. Perte de clientèle overnight." Il détaille l'aryanisation forcée et rumeurs de camps naissants, avec un ton analytique. Publié dans des études sur diaries juifs sous nazisme.​

Par ailleurs, des recueils comme "Les journaux intimes juifs sous le national-socialisme" citent des anonymes de 1933 sur interdictions (étoiles non encore imposées, mais marquages locaux). Erich Mühsam, assassiné en 1934, tient un journal critique pré-1933 prolongé, dénonçant l’antisémitisme nazi. Ces écrits, clandestins, soulignent une persécution "légale" masquant la terreur.

 

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