Ma fenêtre d'Overton. Tocqueville avait prévu dans ses écrits notoires les dérives potentielles de la démocratie américaine
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Le locataire de la Maison Blanche, l’homme à l’utilisation quotidienne d’un ridicule spray jaunâtre, se prend pour un roi. D’ailleurs, il vient de déclarer le dimanche 3 janvier 2026 qu’il allait diriger le Vénézuéla jusqu’à ce qu’il ait mis en place un pouvoir à sa botte. On pense ce que l’on veut de Maduros, mais le coup de force étasunien à tout du coup d’Etat ou d’une invasion à la Poutine. En fait, ce n'est certainement pas Maduros qui gênait le mafioso milliardaire, mais sûrement le fait que le dictateur vénézuélien n’entendait pas lui abandonner son pétrole.
Soyons clair : celui qui se prend pour un monarque absolu n’est qu’une marionnette. Mieux : un bouffon. Le bouffon du vrai roi des États-Unis, la Heritage Foundation, dont ce bellâtre au visage outrancièrement cuivré n’est qu’un jouet entre les mains. La Heritage Foundation est l'auteur du Projet 2025 ultra réactionnaire, voire fascisant, qui chamboule la planète et met en cause l’état de droit et la Constitution même de son pays. Les 42 décrets signés en 10 jours par le bouffon ont de toute évidence été préparés de longue date par ce puissant laboratoire d’idées obscurantistes.
Ce bouffon a le profil du poste (mais pas celui d’un président d’une démocratie, fût-elle discutable). Clown de télé réalité, il sait divertir la planète (qui rit jaune parfois) avec ses outrances, ses insolences et ses bourdes (volontaires ou non). Il dit des monstruosités avec un vocabulaire de gamin débile et réussit à faire illusion quant à sa maîtrise de la fonction en se jouant de l’état de droit (ainsi que des accords majeurs de coopération et de dénucléarisation, illustrant son rejet du multilatéralisme), comme de la Constitution et du Congrès de son pays. Il conduit celui-ci à l’évidence vers un retour en arrière d’un siècle ou plus. Il l’entraîne peut-être (comme le craignent certains observateurs avertis) vers une nouvelle guerre de Sécession. Il fait perdre en tout cas aux État-Unis l’autorité dont ils jouissaient il y a quelques années encore. Et, d’une certaine manière, il trahit une partie de l’électorat républicain. Qu’en penserait Alexis de Tocqueville, qui avait prévu dans ses écrits notoires sur le sujet les dérives potentielles de la démocratie américaine ?
Serge Bénard