En 1987, Scènes de ma vie est à nouveau publié en Autriche. Peter Handke en rédige la préface, qui fera date : « Que peut signifier pour un lecteur du XXe siècle finissant l’autobiographie d’un paysan d’un coin perdu du Bregenzerwald ? Pour moi, elle a représenté bien plus qu’une intéressante lecture. Elle m’a expliqué ma propre enfance. Et quand je dis « expliqué », je veux dire : elle m’a fait comprendre mon enfance campagnarde. » À moi aussi, même si je ne fus pas vraiment campagnard.

Si je n’étais pas à proprement parler un enfant de la campagne, ce livre m’a fait comprendre néanmoins beaucoup de choses sur mon enfance et sur moi-même adulte. Il s’agit d’une lecture passionnante, poétique, pudique et attachante, où l’on voit le rôle que peut jouer la lecture dans la vie d’un être.

En effet, ce petit paysan d’un village autrichien isolé géographiquement et culturellement, aux vallées étroites et aux idées étriquées, découvre une autre vie que la sienne au travers des jour- naux qu’il consomme avec frénésie quand il découvre leur existence, malgré les aléas de la distribution dans son trou perdu, à Schoppernau, « village le plus reculé des profondeurs du Bregenzerwald ».

Les journaux conduisent aux livres, lesquels engendrent la réflexion. Cet autodidacte deviendra écrivain (et quel écrivain !) sans renier son origine paysanne et mourra d’épuisement seulement trente ans, car sa vie de paysan fut une lutte titanesque placée sous l’empire de la lecture…

Franz Michael Felder est né dans une pauvre famille de paysans dont il n'a pas voulu se séparer par solidarité. Autodidacte, il a découvert seul la grande littérature allemande et est devenu écrivain. Son livre le plus connu est son autobiographie, Scènes de ma vie. Il a continué à s'occuper de la ferme familiale. Il a créé une coopérative agricole et ouvrière. Il est mort de la tuberculose à 29 ans. (Wikipédia)


 

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