Le Journal de prison d'Albie Sachs, publié en français sous le titre Notre histoire mérite une fin heureuse, relate ses 168 jours d'isolement en 1963 dans une prison du Cap, alors qu'il était un jeune avocat militant contre l'apartheid. Ce texte, écrit avec une force littéraire et morale exceptionnelle, transforme le quotidien

Albie Sachs, né en 1935 de parents juifs lituaniens immigrés en Afrique du Sud, s'engage dès 17 ans contre le régime raciste, défendant les droits des Noirs en tant qu'avocat. Arrêté sous la "loi des 90 jours" permettant des détentions sans cadre légal, il subit l'isolement total, refusant de collaborer malgré les interrogatoires. Interdit en Afrique du Sud à sa parution en 1966, le journal circule à l'étranger et contribue à dénoncer le régime, Sachs devenant ensuite exilé, victime d'un attentat (perdant un bras et la vue d'un œil), puis juge constitutionnel sous Mandela.

Le récit, structuré comme un journal quotidien, excelle par sa précision sensorielle : descriptions des cellules vides, sifflements pour communiquer avec d'autres détenus, et émotions brutes face à la solitude. Sachs y mêle humour espiègle et philosophie, transformant la souffrance en triomphe – culminant avec sa "fête de la liberté" à la sortie : "J’ai gagné. Je suis libre". Reconnu comme un grand livre de littérature carcérale, il illustre la résilience blanche dans la lutte anti-apartheid, contrastant avec les tourments des détenus noirs.

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