Écrits cannibales. Un point de vue très documenté sur une explosion internationale
05 janv. 2026/image%2F7030078%2F20260105%2Fob_c38729_nade-ge-point-de-vue-050126.jpg)
Le cannibalisme envahit effectivement la littérature contemporaine, souvent sous la plume d'autrices qui en font un motif explorant violence genrée, pulsions et critique sociale. Ces récits, loin de la simple horreur, interrogent l'anthropophagie comme métaphore de domination ou de désir fusionnel, avec une présence notable de femmes auteures. Le phénomène s'étend d'un pays à l'autre, mêlant faits divers réels et fiction radicale.
Des textes marquants comme Le Paradis entre les jambes (2013) de Nicole Caligaris revisitent l'affaire Issei Sagawa, confrontant cannibalisme et normes genrées dans une écriture viscérale et auto théorique. Histoire de la femme cannibale de Maryse Condé (1995) met en scène une anthropophage caribéenne, fusion de mythe et postcolonialisme. Chez Ying Chen, L'Ingratitude (1995) évoque une mère cannibale symbolisant oppression patriarcale, inspirée de Lu Xun.
Régis Jauffret, dans Cannibales (2016), narre l'entre-dévoration épistolaire de deux femmes rivales, mêlant rupture amoureuse et mythologie acide. Senthuran Varatharajah, avec Rot (Hunger) (2022), croise l'affaire Meiwes à une quête identitaire, liant avant-gardes et pulsions.
De l'Argentine (Caligaris) à la France (Jauffret), en passant par le Canada (Ying Chen), Haïti (Condé via Caraïbes) et l'Autriche (Varatharajah via faits divers), ces écrits cannibales traversent l'Est et l'Ouest. Ils s'inspirent souvent de chroniques judiciaires transnationales, comme Sagawa (Japon/France) ou Meiwes (Allemagne), reliant Europe, Amériques et Asie.
Plusieurs romans récents explorent le cannibalisme féminin comme motif littéraire audacieux, souvent lié à des questionnements genrés, pulsionnels ou postcoloniaux. Ces œuvres, portées par des autrices, revisitent des faits divers ou des mythes pour interroger domination, désir et subversion. Voici un aperçu des plus marquants.
Dans les ouvrages contemporaines clés, j’ai noté :
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Le Paradis entre les jambes (2013) de Nicole Caligaris : Inspiré de l'affaire Issei Sagawa, ce texte viscéral confronte cannibalisme et normes genrées, en une écriture autothéorique et avant-gardiste.
- Histoire de la femme cannibale (1995, réédité depuis) de Maryse Condé : Une anthropophage caribéenne mêle mythe postcolonial et critique sociale, centrée sur une figure féminine dévorante.
- L'Ingratitude (1995) de Ying Chen : Une mère cannibale symbolise l'oppression patriarcale, dans un récit inspiré de la littérature chinoise moderne.
De mes explorations plus récentes, j’ai retenu Rot (Hunger) (2022) de Senthuran Varatharajah croise l'affaire Meiwes à une introspection genrée, bien que l'auteur soit masculin, avec un sous-texte sur les pulsions féminines. Chez Renée Dunan (entre-deux-guerres, mais analysée récemment), Uzcoque et Kaschmir. Jardin du bonheur dépeignent des cannibales féminines littérales et métaphoriques, prouvant la capacité des femmes à la cruauté. Ces romans s'étendent de l'Argentine à la France et au Canada, confirmant une tendance transnationale. En France, peu d'autrices contemporaines traitent explicitement le cannibalisme féminin comme thème central dans des romans récents, mais certaines l'abordent via des motifs pulsionnels ou métaphoriques liés au genre. Le paysage littéraire français privilégie souvent des approches allégoriques plutôt que littérales, en lien avec violence intime ou subversion sociale. Des figures comme Christine Angot ou Virginie Despentes flirtent avec des dévoration symboliques, sans cannibalisme littéral pur.
Renée Dunan revisitée.(années 1930, mais analysée dans des études récentes comme celles de 2023-2025) dépeint des cannibales féminines dans Uzcoque et Kaschmir. Jardin du bonheur, prouvant la cruauté féminine au-delà des stéréotypes. Ces textes, réexaminés aujourd'hui, incarnent une avant-garde genrée précoce.
Christine Angot et ses pulsions ont aussi retenu mon attention. Autrice majeure, elle explore l'inceste et l'autodévoration psychique dans Le Voyage dans l'Est (2005) ou ses autofictions récentes, évoquant une anthropophagie relationnelle sans chair littérale. Son style concis interroge la fusion destructrice féminine.
Je n’oublie pas quelques autres échos contemporains comme Anaïs Nin (liée à Henry Miller) qui inspire des lectures cannibales modernes de fusion amoureuse, dans des analyses 2025.
Ni des autrices comme Leïla Slimani (Dans le jardin de l'ogre, 2014) ou Delphine de Vigan traitant pulsions violentes et érotisme sombre, mais sans cannibalisme explicite.
Ce thème reste rare en France pure, plus vivace chez des exilées ou anglophones francophones comme Nicole Caligaris (argentine, Le Paradis entre les jambes, 2013).
En France, les œuvres récentes abordant explicitement le cannibalisme féminin restent rares dans la littérature romanesque pure, privilégiant souvent des métaphores pulsionnelles ou des analyses critiques plutôt que des récits littéraux. Le thème émerge davantage dans des autofictions, des essais ou des performances artistiques genrées, explorant dévoration symbolique et subversion patriarcale. Ces textes interrogent la violence intime au féminin, loin des stéréotypes victimaire.
Dans Cannibales (2017) de Régis Jauffret, deux femmes rivales s'entre-dévore épistolairement lors d'une rupture amoureuse, mêlant mythologie acide et cannibalisme relationnel sans auteur féminin direct. Christine Angot, via ses autofictions comme Les Désarmés (2021), évoque une anthropophagie psychique et fusionnelle, centrée sur pulsions maternelles destructrices.
En marge, Rébecca Chaillon, performeuse française contemporaine, intègre le mythe cannibale dans ses œuvres plastiques et scéniques (années 2020), questionnant objectification corporelle et maternité dévorante via une incarnation féminine émancipatrice. Emma Santos explore l'écriture comme "cannibalisme-agit" dans ses récits sur l'effondrement amoureux, figure de dévoration de l'autre. Ces hybridités confirment une vitalité thématique en France, plus performative qu'uniquement romanesque.