Bagatelles pour LES ÉCRITS. Le grain de sel de Serge Bénard. Aujourd'hui : l'athéisme
17 janv. 2026
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Platon préconisait la peine de mort pour les athées dans Les Lois, Xe livre. Cette suggestion a connu un franc succès jusqu’à nos jours. En 2013, on comptait encore treize pays où cette sentence pouvait être prononcée pour ce motif : Mauritanie, Soudan, Somalie, Nigeria, Yémen, Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Iran, Pakistan, Afghanistan, Maldives et Malaisie. Je suis d’ailleurs atterré qu’il puisse exister un « serment d’allégeance » aux États-Unis où l’invocation de « Dieu » fait partie des habitudes politiques. Ainsi, le vaurien dénommé Trump, menteur pathologique, se permet de faire une prière collective dans le Bureau ovale et tweete volontiers : « Mes pensées et mes prières accompagnent les victimes et leurs familles ».
La France ne vit pas vraiment ce travers, mais l’actuel président ne manque pas une occasion de rappeler nos racines chrétiennes – indéniables, il est vrai – un passé jésuite qui semble l’avoir marqué à jamais et sa complicité avec les autorités catholiques : « Nous partageons confusément le sentiment que le lien entre l’Église et l’État s’est abîmé, et qu’il vous importe, à vous comme à moi, de le réparer ».
Je remarque aussi cette nouvelle habitude ou manie qu’ont certains hommes politiques ou sportifs de porter leur main droite sur le cœur pendant l’hymne national notamment, un geste que le protocole de la République ne prévoit pas, me semble-t-il. Ce geste semble emprunté aux divers serments d’allégeance connus sur la planète, notamment aux États-Unis où le « Salut de Bellamy » est remplacé depuis 1942 par la main sur le cœur. Les femmes, cependant, ne paraissent pas trop contaminées.
Pour l’instant, nos billets en euro échappent à une devise du type « In God we trust » qui affecte le dollar, les prières ne sont pas obligatoires dans les écoles publiques, de même que mentionner Dieu dans les prestations de serment. Pour combien de temps ?
Pendant longtemps, l’athéisme a eu beaucoup plus mauvaise presse qu’aujourd’hui, même si l’on feint d’en ignorer l’existence. Pourtant, certaines statistiques situent son influence à quarante pour cent, voire plus, de la population française... et on fait toujours comme s’il n’existait pas. Au XVIIe siècle, les athées étaient considérés comme des individus sans loi, puisque sans foi. On leur attribuait tous les vices : menteurs, voleurs, violeurs, voire assassins. À noter que les émigrés ont pris la relève à leur corps défendant. Nous n’en sommes plus là, mais les préjugés ont la peau dure. L’obscurantisme reste coriace et le retour actuel du religieux fondamentaliste ou son développement via l’église évangélique, l’islamisme, le catholicisme intégriste, etc. n’augure rien de bon.