En cette fin 2025, l’écriture inclusive reste un objet de clivage plutôt que de consensus : juridiquement permise dans l’espace privé, elle est toujours fortement encadrée (voire proscrite) dans l’école et l’appareil d’État, tandis que l’opinion publique demeure partagée et polarisée. L’évolution récente est moins une extension massive de ses usages qu’une stabilisation contrastée : banalisation de certaines pratiques (féminisation, double flexion) et blocage persistant sur le point médian et les graphies jugées « non standard ».​

Les enquêtes récentes montrent une opinion très partagée, avec deux blocs à peu près équivalents entre favorables et défavorables, en particulier dès qu’entre en jeu le point médian. Les femmes apparaissent nettement plus favorables que les hommes à l’emploi de l’écriture inclusive, notamment dans les documents officiels et les médias, ce qui suggère un clivage simultanément idéologique, générationnel et genré.​

Cadre juridique et État. En 2025, l’écriture inclusive est légale en France : aucune loi générale ne l’interdit, mais des circulaires et projets de loi encadrent fortement son usage dans les textes normatifs et administratifs, au nom de la lisibilité et de la sécurité juridique. Le Conseil d’État a validé la légalité de l’interdiction de certaines modalités (notamment le point médian) dans l’enseignement scolaire, en considérant que cette restriction sert l’apprentissage de la langue et l’égalité des chances.​

Positions officielles. La circulaire du 5 mai 2021 proscrit le recours à l’écriture dite inclusive (en particulier le point médian) dans les textes administratifs du ministère et dans les écrits scolaires, tout en encourageant la féminisation des noms de métiers et des exemples non stéréotypés. Cette ligne a été confirmée par le juge administratif supérieur : l’obligation d’utiliser les règles grammaticales usuelles à l’école n’est pas considérée comme une atteinte excessive à la liberté d’expression des élèves et enseignants.​

Au niveau gouvernemental, la tendance est à la prudence restrictive : circulaires du Premier ministre et travaux parlementaires vont plutôt dans le sens d’une interdiction de l’écriture inclusive dans les actes juridiques et les communications officielles de l’État. Les autres administrations (collectivités, universités, établissements) bénéficient d’une marge de manœuvre mais se heurtent à une jurisprudence encore contrastée, certaines décisions validant le refus d’écrire en inclusif, d’autres admettant des usages limités.​

Dans le champ éditorial et littéraire, l’écriture inclusive est en expansion diffuse mais non hégémonique : féminisation systématique, double flexion et choix d’exemples non stéréotypés se répandent, surtout en sciences humaines, dans certains essais militants et dans la communication d’ONG ou d’entreprises. Les grandes maisons généralistes restent souvent prudentes dans les textes normatifs (manuels, ouvrages scolaires) mais acceptent l’inclusif dans des collections ciblées, tandis que certaines structures spécialisées ou engagées l’assument comme marqueur politique et identitaire.​

Bilan fin 2025 : évolution, stagnation, indifférence ?

On observe une double dynamique : d’un côté, une normalisation de la féminisation et des formulations épicènes, qui s’installent comme compromis acceptable ; de l’autre, une résistance durable aux formes perçues comme typiquement « inclusives » (point médian, néo graphismes), qui restent fortement contestées. Loin de l’indifférence, la période est plutôt celle d’une stabilisation conflictuelle : le débat se déplace du « pour ou contre » vers la question de quels dispositifs précis sont recevables selon les contextes (scolaire, juridique, médiatique, littéraire).​

 

Retour à l'accueil