Journal d'Izumi Shikibu. Elle raconte des épisodes de la vie à la cour et ses relations avec deux princes
29 oct. 2025
Izumi Shikibu était une écrivaine, poétesse et membre de la cour japonaise pendant la période Heian (794-1185 ap. J.-C.). Sa date de naissance est estimée à différentes dates dans les années 970, et elle mourut dans les années 1030. Dans ses célèbres mémoires, connues sous le nom de Journal d'Izumi Shikibu, elle raconte des épisodes de la vie à la cour et ses relations avec deux princes. Le journal comprend de nombreux poèmes d'Izumi Shikibu, considérés comme parmi les plus beaux jamais écrits au Japon.
Le journal d'Izumi Shikibu, connu en japonais sous le nom d'Izumi Shikibu Nikki et probablement écrit en 1004, n'est en réalité pas un journal intime, mais plutôt une série de souvenirs et d'épisodes. Écrit à la troisième personne, l'auteur se désigne tout au long du texte par le terme onna ou "la femme". Bien qu'il couvre une année à partir de l'été 1003, les entrées ne sont pas datées et, comme dans une œuvre de fiction, l'auteur imagine les pensées des personnes impliquées dans ses souvenirs. C'est pourquoi une minorité de chercheurs soutiennent que l'œuvre ne fut pas écrite par Izumi. S'écartant également de la forme pure du journal intime, 140 poèmes waka apparaissent au milieu du texte en prose. Ces poèmes invitent le lecteur à faire une pause dans le récit et renforcent la présentation de l'amour comme une expérience onirique, une notion courante dans la littérature japonaise de l'époque. Le journal relate l'année où Izumi Shikibu et le prince Atsumichi (981-1007) eurent une liaison scandaleuse, qui poussa la femme du prince à le quitter. Nous savons également que l'année précédente, Izumi avait eu une liaison avec le frère aîné d'Atsumichi, le prince Tametaka (977-1002), une relation qui semble avoir mis fin à son premier mariage. La liaison prit fin avec la mort de Tametaka, à l'âge de 26 ans seulement, et Izumi n'eut pas plus de chance avec son frère, qui mourut en 1007. Voici un extrait du journal, illustrant l'insertion typique de poèmes qui apparaissent souvent par paires, l'un en réponse à l'autre: Le prince était venu comme à son habitude, en secret. Onna, pensant qu'il ne viendrait pas et fatiguée par les récentes cérémonies religieuses, somnolait, si bien que lorsque quelqu'un frappa à la porte, personne ne remarqua le bruit. Son Altesse avait entendu diverses rumeurs et, supposant qu'un autre homme se trouvait à l'intérieur, se retira sans bruit et le lendemain, il y avait: Debout devant la porte en bois qui n'était pas ouverte j'ai reconnu un cœur cruel. C'est donc cela, être misérable, je le sais maintenant. Regardez mon état pitoyable. "Il semble que Son Altesse se soit bien annoncée hier soir! Quelle cruauté de ma part d'avoir dormi!" pensa-t-elle. Elle répondit: Comment peut-on "reconnaître" que "ce cœur soit cruel"? Sans même avoir touché ma "porte en bois". (Wallace, 19).
"Le prince était venu comme à son habitude, en secret. Onna, pensant qu'il ne viendrait pas et fatiguée par les récentes cérémonies religieuses, somnolait, si bien que lorsque quelqu'un frappa à la porte, personne ne remarqua le bruit. Son Altesse avait entendu diverses rumeurs et, supposant qu'un autre homme se trouvait à l'intérieur, se retira sans bruit et le lendemain, il y avait:
Debout
devant la porte en bois
qui n'était pas ouverte
j'ai reconnu
un cœur cruel.
C'est donc cela, être misérable, je le sais maintenant. Regardez mon état pitoyable. "Il semble que Son Altesse se soit bien annoncée hier soir! Quelle cruauté de ma part d'avoir dormi!" pensa-t-elle. Elle répondit : Comment peut-on "reconnaître"
que "ce cœur soit cruel"?
Sans même avoir touché
ma "porte en bois".
(Wallace, 19)"
La perte de son premier amant, la recherche de consolation auprès du second et la crainte du couple d'être victime des ragots de la cour sont les thèmes dominants du journal:
"... il vivait désormais dans un endroit très isolé, disait-il. Elle l'accompagna, décidée à faire tout ce qu'il lui demanderait cette fois-ci. Ils discutèrent ensemble à leur guise du matin au soir, se levant et se couchant quand bon leur semblait. Elle se sentait libérée de l'ennui amer de ses journées et souhaitait partir vivre avec lui. (Keene, 376)"
Voir plus : https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-16039/izumi-shikibu